lundi 15 octobre 2012

Vivre. En Italie.




On arrive par une route étroite et sinueuse. Le jour tombe et se déverse sur la baie de Naples en un magnifique spectacle de couleurs. Devant nous, le Vésuve a la tête dans les nuages. Nos cœurs flottent quelque part au-dessus : « Regarde Laurier, on est en Italie! »

Roberto nous indique une petite surface d’asphalte près d’un muret de pierres. On y coince la voiture du mieux qu’on peut, le devant embrasse le muret, le derrière oblige les voitures passantes à l’éviter. On sort. On se dégourdit enfin les jambes. Laurier ne tient plus en place. Il veut courir, mais il n’y a pas de trottoir, que des voitures et des motos s’insinuant entre elles. « Une moto maman! Une moto! » « Une aut’ moto maman, une aut’ moto! » « Une moto rouge maman! » Je pense que j’aimerais bien lui en acheter une petite en souvenir.

On descend un escalier de pierres abattu par tous ces pieds qui l’ont monté ou descendu depuis des siècles. On croise une vieille dame : « Buonasera! » « Ciao! » On passe sous une arche et la Méditérranée se dévoile à nouveau devant nous. À notre gauche, un hibiscus en fleurs, une porte grillagée, une maison du 17e siècle. Nous voici chez les Savarese.

Trois frères se partagent cette maison aux allures de petit château. À notre droite, nos quartiers. À notre gauche, ceux d’Alphonsina et Gaetano. Ils se réjouissent de voir leur neveu et nous accueille sur leur terrasse avec un café et un baba au jambon. Un peu plus tard, un souper festif. L’air salin nous saoûle et on s’endort repus.

Un vent doux me chatouille les joues et me tire du sommeil avant l’aube. Mes hommes dorment encore et je les laisse prendre leur temps pour se réveiller. Notre visite matinale à la plage nous enchante tous les trois. À notre retour, une note nous attend sur la table : Nous sommes au camping.

Le camping n’est plus en fonction, mais accueille encore ses rares invités avec ses allées d’orangers et de citronniers. Des noix de Grenoble tapissent les terrains plus reculés. Sur une terrasse surélevée, la famille Savarese et quelques amis sont attablés sous les vignes. Les mets abondent et tous les ingrédients sont d’ici : tomates, aubergines, courges et fleurs du jardin. La végétation est riche et colorée. Les parfums nous étourdissent et les saveurs nous comblent encore. L’air est doux. Autour de nous, ça parle italiten. On se croirait dans un film.
Fenêtre sur le Vésuve et la Méditérranée

Jouer sur le toit d'une maison du 17e siècle

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