mercredi 25 juillet 2012

Anecdote

Une conversation avec Laurier m’a confirmé qu’il comprend maintenant que je porte, en plus de mon précieux titre de maman, un prénom. Un dialogue d’à peine une trentaine de secondes a suffit.


-       - Maman!
-       - Qu’est-ce qu’y a mon loubidou?
-       - Aller dahors. Cour arrière.
-       - Okay. Attend une minute mon loup, maman va terminer la vaisselle.
-       - Maman!
-       - Oui. Une minute okay?
-       - Maman Maman Maman Maman!
-       - Oui Laurier. J’arrive. Ce sera pas long.
-       - MAMAN!
-       - 
-       - CARO! CAROOOO!

J’ai éclaté de rire. J’ai laissé le reste de la vaisselle dans l’évier et j’me suis lancée sur mon petit coquin pour le prendre dans mes bras, l’embrasser et sortir dehors avec lui. On a joué au biseball et à la palette et on s’est régalé des bleuets du jardin.






lundi 23 juillet 2012

À la pêche aux coques


Les loups 


Armés de seaux, de pelles, d’un bon lunch et d’un siphon de toilette télescopique, nous nous sommes entassés dans la boite de la camionnette. Avec Robert au volant et Annie qui claironnait les instructions de son poste en arrière, nous avons mis le cap sur le bassin de la dune du Nord.

Nous nous sommes arrêtés, une première fois, à la vue d’un banc de loups de mer. Suivant nos amis madelinots, nous nous sommes approchés silencieusement, d’abord debout, puis à 4 pattes et finalement en rampant sur le sable. Quelques-uns se sont sauvés à notre approche, apeurés. L’un d’eux, un gros tacheté aux yeux paresseux, ne semblait pas du tout dérangé et nous a laissé l’espionner de très près. Peut-être devinait-il notre attitude inoffensive? Mais Laurier a soudainement crié sa lassitude de rester ainsi inerte et nous les avons quittés après qu’ils se soient presque tous jetés à l’eau.

La pêche miraculeuse
Le bassin
Au deuxième point d’arrêt, nous nous sommes mis au travail, baignant dans l’eau jusqu’à hauteur des chevilles. L’immense bassin de mer, le sable à perte de vue et la ligne d’horizon voilée donnaient l’impression de rêver. Encore une autre planète au cœur des Îles. À 4 pattes, nous creusions à la main jusqu’à la rencontre d’une coquille assez grande et bien remplie de cette délicieuse petite mye. Un ou deux chanceux à la fois pouvaient ramasser les récoltes fructueuses de la pêche par siphonnage. Pêcheurs amateurs mais tenaces, nous avons creusé et siphonné quelques heures durant. Nous sommes repartis, fiers, les seaux débordant des fruits de notre pêche miraculeuse!

Après un bain de 24 heures au réfrigérateur, nos mollusques s’étaient vidés de leur sable et n’attendaient qu’à être mangés. Une salade de fleurs du jardin colorait la table et les tartes de Martine, exquises, embaumaient l’air de la maison. Les délices de notre festin n’ont eu d’égal que l’ambiance dans laquelle les accordéons nous ont baigné plus tard en soirée. Nous remercions nos hôtes de toute la patience qu’ils ont eu à chanter et à jouer de la musique, accompagnés de nos oreilles et nos voix d’amateurs!

Musique des Îles

samedi 14 juillet 2012

L'accordéon


La dune du nord

Toute une semaine avec rien d’autre à l’agenda que des journées à la plage, une visite sur la planète mars, des courses sur la butte et de bons repas en bonne compagnie. Les familles et les bébés s’ajustent les uns aux autres, chacun à son rythme. Antoinette et Léo se lient d’amitié au rythme de leurs courses, leurs accolades et leurs chicanes. Laurier, plus solitaire, a d’abord préféré perfectionner sa « drive » avec les bâtons de golf d’Étienne, le petit garçon qui nous prête sa maison. Et quoiqu’il exprime sa joie de façon plus discrète que ses pairs, le bonheur qu’on lit dans ses yeux à l'écoute d’une guitare ou d’une harmonica brille tout aussi fort que l’éclat d’un fou rire.    

La dune du sud
Il ne manquait rien aux ingrédients clés d’un voyage de rêve. Mais après l’euphorie des premiers jours, Laurier a malheureusement été envahi d’un mystérieux mal d’être, qui a supprimé à la fois son appétit et sa joie de vivre. Il pleuvait dans mes yeux de voir mon petit garçon combattre ses démons. Des crises, des nuits écourtées, la communication complètement bloquée. Pendant que la mer et le soleil soûlaient de joie notre entourage, le tableau de nos vacances perdait toutes ses couleurs à mes yeux. Aujourd'hui, à bout de force et de patience, le mal semble s’être enfin cicatrisé. Le ciel des Îles se fait tempétueux, mais le cœur de Laurier a repris son souffle et redessine enfin sur ses lèvres la tendresse de ses sourires. Mes pensées ont repris le cours des vacances. Laurier et moi sommes sortis dehors chasser les papillons. Nous n’en avons attrapé aucun, mais de derrière un buisson nous est venu le son d’un accordéon. Bercée par la mélodie du « Temps des fleurs », j’ai replongé dans mes souvenirs de mon premier voyage aux Îles, émue. Les oreilles de Laurier souriaient de la découverte d'un nouvel instrument.


La chasse aux papillons

La bande sur la plage



mardi 10 juillet 2012

Sur un air de vacances


C’ETAIT LA COURSE FOLLE. On partait  en vacances le surlendemain. On serait 3 familles dans la même maison. 2 dans la même voiture. Entre autres préparatifs, on devait préparer la nourriture pour tous les repas du trajet, trouver un motel pour la nuit de passage, faire les bagages, arroser le jardin, parler à la locataire et terminer une certaine dose de travail. Le concert d’un groupe rock lamentable sur la côte magnétique compliquait le passage aux environs d’où l’on souhaitait passer la nuit. Google nous indiquait qu’une quinzaine d’heures seraient nécessaires avant d’atteindre le port, où une traversée de 5 heures nous mènerait enfin à destination. Je savais, pour y être déjà allée, que l’endroit nous gâterait de moments de bonheur et de détente inégalables, mais je redoutais légèrement le parcours.

« Vous conduisez aussi loin avec des bébés ? Ils vont pleurer. Ce sera désagréable. C’est dangereux ! Une voiture pour 2 familles, vous n’aurez jamais assez d’espace. Je n’oserais jamais ! » disaient les autres.

Qu’elles soient le résultat du discours des autres ou simplement entretenues par ceux-ci, ces réflexions alimentaient ma crainte du trajet. Selon la majorité, un déroulement agréable tenait du miracle.

Mais le miracle souffla sur nous comme une brise fraîche un jour de canicule. Un pique-nique dans un jardin botanique, un autre près d’une maison historique, une bonne dose de jeu dans les flaques d’eau laissées par l’orage au motel, un déjeuner douteux dans une taverne acadienne, une sieste sur le pont d’un navire et bien des heures de route plus tard, nous voilà bien arrivés aux Îles-de-la-Madeleine.

Non seulement nos chérubins ont-ils fait preuve d’une patience surprenante en voiture, le miracle madelinot continue d’opérer ! Le vent des îles a creusé l’appétit de Laurier, il a retardé le réveil matinal de la petite Antoinette et ne s’est pas arrêté de souffler pour les séances de kite à Benoit.

Déjà une journée complète de vacances derrière nous. L’air des îles est si bon que tous les parents se sont assoupis pendant la sieste d’après-midi des enfants. Trois petites paires de yeux, de pieds et de mains qui ont tant à découvrir dans les jours à venir. Un bonheur délicieux qui souffle fort, qui sent l’air salin et qui goûte le homard pour certains.

Laurier sur la planète Mars

La bande à l'heure de l'apéro