mercredi 28 décembre 2011

L'avenir


Enfin les fêtes. Le nouvel an. Bientôt sa fête. Déjà un an.

Dans quelques jours, une autre partie de l’avenir se transformera en simple marqueur de temps. Tant de nouveautés deviendront déjà choses du passé. Toute une année passée à expérimenter, découvrir, changer, évoluer, devenir, s’adapter et sans cesse recommencer.

On arrive au bout essouflés, mais comblés.

Laurier aura changé son visage de nouveau-né, bouffi et plein d’acné, pour une frimousse des plus expressives. Il aura perdu un bout de son nombril, mais se sera fait pousser plusieurs belles dents. Il sera passé du lait maternel au poulet tandoori et autres mets épicés. Il se sera tourné, assis, traîné, puis levé, pour finalement (et enfin !) marcher et grimper. Il aura beaucoup dansé et presqu’appris à nager. Il nous aura dévoilé, peu à peu, les traits de sa personnalité.

Bientôt, sa première chandelle. Pour tout commémorer. Pour le célébrer.

Joyeux Noël et Bonne Année !

lundi 19 décembre 2011

La créature

Deux yeux d’un gris mystérieux s’ouvrent grand. Si grand que les paupières  disparaissent complètement pour laisser toute la place à ce regard à la fois doux et affûté. Juste au-dessus, son petit crâne clairsemé et de chaque côté, deux grandes oreilles surlesquelles il tire sans aucne pitié. Un petit nez mignon. Huit belles dents bien affinées. Un cou. Petit, délicat, fragile, d’une finesse... Un peu plus bas, un ventre rebondi et au bout des orteils, de la mousse de pieds.

Deux mains agiles honorent sa curiosité et la précision de sa pince pouce-index en surprend plusieurs… certains vers de terre en ont même eu peur. Une fois pincée, chaque miette de découverte sera systématiquement portée vers sa bouche pour en approfondir l’analyse.

Ainsi, il se nourrit de papier, de carton, de souliers, d’herbes ou de poussières. Il fouille les poubelles et le fond de la garde-robe. Heureusement, il aime aussi quelques fruits exotiques, les olives noires et les mets élaborés. Capricieux de la fourchette, il snobbe souvent la simplicité !

Une grande histoire d’amitié le lie au gradateur de la lumière de sa chambre. Si la tristesse ou la frustration l’envahit, c’est souvent lui le plus rapide à le consoler. À d’autres moments, le lave-vaisselle semble soudain muni d’un charme irrésistible. Il accourt alors vers lui sans aucune retenue.

Il se cogne parfois la tête ou se grafigne le visage. Il peut même tomber du lit et débouler les escaliers. Mais ses cuisses bien musclées ne le laissent pas tomber. Il continue toujours d’avancer. 

Sa musique est parfois perçante, mais bien plus souvent, coule doucement vers vos oreilles avant d’atteindre votre cœur. Ses grognements de monstres sont depuis longtemps maîtrisés et il apprend déjà un peu de français. Si, le matin, ses petits gazouillis nous attirent vers sa chambre ; une fois la porte ouverte, les parfums de sa couche nous y retiennent.

Il vous fera coucou en se cachant les oreilles et ne vous dira au revoir qu’une fois la porte refermée. Mais il a déjà compris que la musique embellit nos vies. Si vous chantez pour lui, son plus beau sourire vous en remerciera.

Tannant, charmant, plutôt impatient, mais à la fois attendrissant. Curieux, intelligent. Et attachant, tellement attachant. Il est fils, petit-fils, petit-petit-fils, neveu, cousin, filleul et ami. Il est même déjà promis !

Il est comme ci, il est comme ça, il est tout ça.

Il est ma créature à moi.
Créature coquine

lundi 12 décembre 2011

Fin de session

Le trimestre d’automne tire à sa fin. L’hiver approche. La famille étant inscrite à un triathlon de cours pour la saison, nous avons donc beaucoup pédalé pour arriver. Nous avons nagé. Et nous voilà déjà en train d’entreprendre le sprint final. Heureusement, il nous reste encore un peu de souffle.

En plus du travail, papa poursuit sa maîtrise en innovation. Maman, de son côté, jongle entre le retour au travail et des cours en rédaction essentiels à la poursuite de son éternelle expérimentation et remise en question. La maternité n’y aura finalement rien changé ! Laurier, quant à lui, a terminé avec succès, cette semaine, son premier cours de natation. Il s’est vu couronné du titre de petit requin de mer. Les ailerons sur son casque de petit nageur en témoignent…

Le premier jour, une douzaine de mamans et leurs bambins avaient mis les pieds dans le vestiaire en même temps que nous. Entassées dans une pièce minuscule avec à notre disposition, uniquement 3 bancs, on entreprenait de se changer et d’en faire autant avec la marmaille.  Les valises débordaient presque de tout le nécessaire. On tentait, du mieux qu’on pouvait, de se partager l’espace. Trente minutes plus tard, on se félicitait d’être tous assis sur le bord de la piscine. Puis le rhabillage avait été un effort d’au moins 30 minutes encore. L’aventure se corsait : tout le monde ayant dégoutté sur les planchers, les bancs devenaient de petits îlots flottants, loin des rivages où gisaient les casiers. Après la baignade, les bébés ont froid. Ça pleure, ça crie, ça grouille, ça se débat. Des petits poissons hors de l’eau.

30 minutes de natation. 60 minutes de combat général au vestiaire… pour les autres ! Laurier, pourtant bien capable de chigner (croyez-moi !) n’a à aucun moment émit la moindre plainte.

D’abord stoïque, Laurier a passé les deux premiers cours à tout observer silencieusement. Ses deux grands yeux sérieux à l’affût de chaque élément nouveau. Puis l’arrivée au vestiaire s’est vite accompagnée de cris de joie et d’un petit index qui pointait fébrilement vers la piscine. Il décore maintenant chaque minute passée dans l'eau d’un sourire. Petit intrépide, il saute, glisse et met sa tête sous l’eau. Il frissonne, mais continue quand même. Et malgré toutes les répétitions, il n’aura pas compris comment bouger les bras ou les jambes. Trop pris par son bonheur pour penser à nager, il aura néanmoins appris à se sentir réellement comme un petit requin dans l’eau.­