jeudi 31 janvier 2013

Petits bonheurs



Nos enfants ne sont pas toujours faciles à vivre, malgré tout l’amour qu’on leur porte. Mais s’il y a des « mauvaises passes », il y en a aussi des bonnes. Et si je n’ai pas beaucoup écrit dans les dernières semaines, c’est que je baignais, bienheureuse, dans cette mer d’amour que Laurier ne cessait d’ensoleiller. Des nuages reviendront certainement assombrir d’autres journées. Alors je consomme son bonheur comme une vitamine pour mon esprit. Les câlins, les « je t’aime », les cris de joie, les repas dévorés avec appétit et avec le sourire, les dialogues comiques… sa joie de vivre ne s’épuise pas et je me délecte de chaque seconde passée auprès de lui.

Doux répit suivant la tempête automnale, le dernier mois a bien chargé nos coffres d'anecdotes et de souvenirs tendres. En voici une, d'autres suivront.

L'autre soir, autour de la table, Bidou me regardait avec un sourire en coin…
-       Maman.
-       Oui mon loup?
-       Maman!
-       Laurier?!
-       Maman… Je t’aime maman.
-       Aaah! Moi aussi je t’aime mon loup.
-       Est-ce que on peut aller à LO-É-O?
-       Ben oui. J’aimerais tellement ça savoir c’est où. Est-ce qu’y a d’autres personnes qui vont venir avec nous?
-       Non. Juste maman pis Layer. En amoureux.

Laurier nous parle régulièrement de LO-É-O, depuis cette première fois dans la voiture. Le plus souvent, il souhaite y aller avec son papa. On ne verra probablement jamais les couleurs de cet endroit, mais on adore l’y accompagner.

Magasiner avec Laurier
Manger avec Laurier
Jouer dehors avec une tuque Velvet Moustache

samedi 5 janvier 2013

Petite créature



Ma petite créature fête aujourd’hui son deuxième anniversaire. Je relis les mots choisis il y a un an pour dresser son portrait. Laurier a bien sûr beaucoup évolué depuis ce premier exposé. La durée de son existence sur cette terre a doublé et l’amour infini que je lui porte continue de grandir.

Le blond de ses cheveux brille encore, mais ces derniers ont tellement poussé qu’ils ont dû subir, à 3 ou 4 reprises, mes coups de ciseaux maladroits. Sa calvitie bi-temporale s’est tranquillement transformée, au cours de l’année, en admirable coupe champignon. Il la porte fièrement et vous en vantera le nom.

Peut-être a-t-il bien fait de tant tirer sur ses oreilles? Elles savent maintenant reconnaître la musique d’une guitare et ne laissent jamais s’échapper un nouveau mot entendu sans en faire part à sa petite bouche, qui s’empresse de le répéter. Cette bouche avait 8 dents. Elle en compte maintenant 16. Et quoique maintenant bien équipé pour mastiquer, les caprices de sa fourchette continuent d’épuiser mes réserves de patience.

Son ventre demeure rebondi, mais le gras de ses joues s’est envolé, dévoilant deux charmantes pommettes entourant un mignon petit nez que l’on ne peut approcher. Se faire moucher est certainement le pire de ses cauchemars. Ses cuisses musclées se sont encore renforcies. Chaque soir, pour s’endormir, il s’appuie sur ses bras et marche ses pieds sur les murs. Il saute de plus en plus haut et court de plus en plus vite, de plus en plus longtemps. Il a la forme que son père et moi tardons à retrouver. Il rêve, bien malgré moi, de hockey et nous reparle souvent de LA fois où il est allé « à la patinoire de yockey là, où papa y avait son casque là ».

Son cou. Petit, délicat, fragile, d’une finesse… Son cou n’a pas encore changé, quoiqu’il supporte une tête s’alourdissant de connaissances à une vitesse vertigineuse. Ses yeux continuent d’ouvrir grand, piqués d’une curiosité infinie. C’est à travers eux que son esprit, vif, travaille sans trêve ni repos. D’un premier mot prononcé avec difficulté (ball…on), son vocabulaire a maintenant dépassé toutes les limites et l’un de mes plus grands plaisirs est de discuter avec lui. Il a même été jusqu’à étonner bien des éducatrices du quartier.  Ses réflexions nous surprennent sans cesse, son dialogue nous fait sourire, nous confronte ou nous touche profondément. Il a appris quelques mots durs qui me déchirent le cœur, mais il a aussi appris ceux qui le gonfle d’émotions, de joie, de surprise, de fierté.

Parfois colérique, impatient ou capricieux. Souvent coquin, charmant et curieux. Toujours attachant, émouvant. Il a le geste agile et le verbe facile. Il est à la fois ma source de fierté, d'inquiétude et d'inspiration.