lundi 18 avril 2011

Vivement le printemps

Voilà qu’enfin certaines journées nous offrent un mercure à la hausse doublé d’un soleil à la hauteur de sa force printanière. Les nouvelles mamans osent dévoiler la douce peau de leurs chérubins. La brise fraîche de la saison leur chatouille enfin le bout du nez. Les rues abondent de bébés. Les trottoirs sont les hôtes d’un défilé infini de poussettes, d’écharpes, de chariots, de brouettes.
La Plaza St-Hubert s’éveille avec sa faune caractéristique et diversifiée. Parsemés ici et là, à travers la parade des bébés, des gens de toutes sortes. Quoique souvent saugrenus, des dialogues s’improvisent à l’ombre d’un arrêt d’autobus ou l’instant d’une lumière rouge…

Étrangère : - « Ah! Le beau bébé. »
Nouvelle maman : - « Merci. »
Étrangère : - « Une p’tite fille ou un p’tit gars? »
Nouvelle maman : - « Un p’tit garçon. »
Étrangère : - « Aaah… Moi j’aime assez ça les bébés. »
Nouvelle maman : - « … »
Étrangère : - « J’peux-tu vous l’prendre quelques minutes? »
Nouvelle maman : - « ????? »

Ou bien en attendant son tour aux caisses du marché du coin...

Inconnue : - « Ah! Le beau bébé. »
Nouvelle maman : - « Merci. »
Inconnue : - « Un p’tit gars? Il a quel âge?»
Nouvelle maman : - « Trois mois et demi. »
Inconnue : - « En tout cas, moi, les bébés… j’aime assez ça là. »
Nouvelle maman (en souriant) : - « … »
Inconnue : - « Est-ce que j’pourrais vous le garder desfois? »
Nouvelle maman : - « ????? »

La prochaine maman n’est pas encore complètement arrêtée que déjà on les entend se répéter. Ces personnes obtiennent-elles à l’occasion une réponse positive et pleine d’enthousiasme pour être tant tentées par la récidive?
On trouve de ces offres farfelues à tous les coins de rue. Certains iront même jusqu’à vous offrir de vous raccompagner jusque dans votre demeure. Une femme détient un record, m’ayant interrogée sur la vie de mon bébé durant 5 pâtés de maisons. C’est lorsqu’elle a cherché à connaître les détails anatomiques de mon accouchement que j’ai jugé assez polie la durée de l’entretien. J’ai dû lui demander gentiment de me laisser poursuivre ma route seule.
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Le printemps rime aussi, pour beaucoup, avec nouveau départ. Le mien se faisant sur la route de la remise en forme, je me suis équipée (et gâtée) d’un de ces fameux Chariots. Je suis donc allée affronter les sentiers, précédée de mon bébé bien au chaud dans son chariot. Une concentration profonde et totale sur la contraction simultanée de tous ces muscles qui tiennent mon bassin en place, s’ajoutant à la retenue de devoir garder ce premier essai des plus légers, je me suis vue récompensée de la possibilité de quatre jogs d’une durée de 45 secondes. Épuisée de cette attention soutenue, mais libre de douleur, j’me suis dit qu’enfin, enfin, une nouvelle saison débutait. Vivement le printemps!

mercredi 6 avril 2011

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Mon petit chat
Tu fais maintenant partie de celles qui savent.
Peu de temps après mon accouchement, une amie m’a transmis ces mots. Une autre amie vient d’accoucher et ces mots me reviennent en tête. Sages mots de la bouche d’une sage-femme. Je sentais à ce moment-là que je pouvais moi-même, très doucement, commencer à remplir mon propre verre d’un peu de sagesse.
On peut essayer de comprendre, on peut s’imaginer, mais on ne peut pas savoir sans avoir vécu. Savoir toutes les douleurs et tous les bonheurs qui accompagnent ce combat de notre corps pour donner la vie. Ce privilège que de pouvoir savoir.
J’ai su donner la vie. J’en sais maintenant chaque jour un peu plus à propos de cette vie.
Je sais l’amour féroce qu’on ressent pour nos enfants. Je sais l’investissement de soi qu’exigent leurs soins. Je sais l’importance d’être entourée d’une famille et d’amis de valeurs. Je sais qu’on n’existe pas seulement pour soi-même ou en soi-même, mais aussi à travers ceux qui grandissent alors que l’on rapetisse.
Mon petit poussin
… Je sais qu’on ne peut pas recevoir trop de lasagnes en cadeau. Je sais qu’il existe quand même une limite au nombre de pâtés chinois réchauffés qu’on peut s’enfiler. Je sais qu’une selle de nouveau-né peut se projeter sur une distance impressionnante. Je sais qu’on peut s’en trouver recouvert et rester souriante. Je sais que si les premiers jours l’allaitement fait mal, ça peut être normal. Je sais que peu importe les dizaines de bavettes, on n’en a jamais trop. Je sais que des gadgets en plastique pour enfants, il en existe beaucoup trop.
Je sais les yeux curieux et les sourires charmeurs de mon petit homme. Ça, je les sais par cœur.
J’en sais de plus en plus, mais je sais surtout que je n’en sais pas encore beaucoup.