lundi 22 novembre 2010

La nidification

Nidification : Action ou façon de faire un nid.

Jusqu’ici ça ne me paraît pas trop compliqué…

Nid : habitation de l’être humain, considérée comme un lieu confortable.

Le principe reste simple. Pourtant, voilà maintenant bien plus d’un an que nous avons débuté nos efforts de nidification. Des heures, des semaines, voire des mois, de travail et de recherche à bord d’un carrousel d’émotions. L’espoir, l’excitation, les frustrations, les déceptions, l’espoir à nouveau…

Est-ce un phénomène intuitif ou social que de chercher à faire son nid dans un endroit qui nous appartient? Un endroit bien à nous que l’on pourra modeler selon nos goûts et nos besoins.
Peu importe la source de cette envie, le fait est que la situation actuelle rend le processus d’accès à la propriété plutôt épineux. Malgré tout cet afflux d’hormones qui me rappelle que je suis biologiquement en pleine période de nidification, le marché est peu favorable à l’acquisition d’un site de nidification. Qui plus est, les aires de nidification où l’on fait nos recherches sont difficilement accessibles de par leur rareté et le lieu (de nidification!) en devient donc outrageusement dispendieux!

Désolée de vous mêler de toutes ces cooccurrences. Mais constatez que, peu importe le point de vue, et même selon l’approche lexicale, la recherche d’un nid bien à soi s’apparente maintenant au plus ardu des trajets d’hébertisme. Les obstacles à surmonter sont nombreux et imposants.

En tant qu’humain, on veut se bâtir un nid douillet. On grandit, on travaille, on s’achète un condo, une maison, ou même, pourquoi pas, une terre. Doit-on remettre cette ligne de vie en question? Demeurer locataire et choisir d’investir ses épargnes autrement ne semble même plus une option digne d’être considérée. Choisir d’avancer dans cette voie, rester locataire par choix; c’est marcher en travers de la tendance commune de façon volontaire. Mais qui dit qu’une autre direction est nécessairement une mauvaise direction?

On a essayé de marcher de ce pas différent un moment. Ayant toutefois visualisé cette ligne de vie depuis des années, le désir de la concrétiser demeurait éveillé. Il nous a finalement renversés… On vient de s’ancrer les pieds au sol de la rue De La Roche pour au moins quelques années.

Seulement le temps nous dira si l’on a eu raison ou non de suivre la parade. Celui-là même qui est le seul à connaître où j’en suis vraiment dans mon décompte…

10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1…

mardi 16 novembre 2010

Je lève mon verre à nos amis, nos familles


Le temps continue de couler et les paysages de changer.

Le relief de mon abdomen explore l’espace autour et repousse sans cesse ses limites. Mon nombril y siège au sommet comme si l’on venait d’y poser un drapeau. À l’intérieur, on sent et l’on voit que ça bouillonne de vie.

La montagne du haut de laquelle je vous écris aujourd’hui est immense. Elle se dessine en émotions depuis l’arrivée dans notre existence de ce petit embryon. Elle continue de grossir et, bien installés sur sa cime, nous avons atteint samedi dernier des niveaux d’altitude encore inégalés. Du haut de tous ces cadeaux qui nous ont été donnés, chantés, dessinés, fabriqués, photographiés et cuisinés. Du haut de toutes ces pensées de ceux et celles qui n’ont pas la chance d’être à proximité. Du haut de tous ces mots qui nous ont fait rire et pleurer. Je regarde autour et j’en ai encore le vertige. Les mots nous manquent pour exprimer notre reconnaissance. Alors j’écoute cette comptine qui raconte notre histoire pour m’en inspirer, mais ma pratique n’est pas encore complétée… Je dois apprendre à ne pas sans cesse pleurer lorsque je l’écouterai avec bébé!

« Votre groupe d’amis a vraiment un don particulier pour l’organisation d’événements »… m’a dit hier une amie. Je ne crois pas que ce soit le don qui soit particulier, mais plutôt le groupe d’amis lui-même. Autant de gens qui s’aiment autant. On met du gros love dans nos relations! On n’a pas peur d’en mettre, de lui donner de la couleur, de la voix et du goût.

En pleine recherche d’un endroit où « établir » notre petite famille, peu m’importe finalement la géographie, tant que cet enfant naît au cœur de votre présence.

Les amis, la famillle… MERCI ! 

mercredi 10 novembre 2010

Apprivoiser le yoga prénatal


C’était pourtant mal parti! Moi qui ai toujours choisi mes activités en fonction de l’indépendance et de la liberté qu’elles offraient. Moi qui ai toujours fui les cours et les sports d’équipe pour les horaires rigides qu’ils imposent. Je m’étais habituée à un yoga sans horaire fixe et qui fait travailler, qui fait suer, axé sur l’effort physique. Voilà que je me retrouve, en début de cours, en pleine séance de bavardage! J’aurais normalement fait demi-tour en voyant toutes ces femmes, toutes enceintes, assises en cercle, se confiant leur quotidien avec un intérêt que je me sentais incapable de feindre.

Mais je ne m’étais pas donné de chance en payant d’avance pour 24 cours! Je suis donc restée et suis même retournée la semaine suivante malgré mon peu d’enthousiasme. « C’est bon pour toi » que je me disais. De toute façon, mon corps déjà ne me permettait plus de pratiquer aucune de mes activités habituelles. Cette version détente du yoga m’apprendrait peut-être, du moins, à relaxer. Puis à force d’écouter ces femmes raconter leurs histoires, je me suis aperçue que j’apprenais aussi beaucoup de choses. J’ai toujours aimé être bien informée... Quelques points de plus pour le yoga prénatal! Et au fil des semaines, je me suis moi-même surprise à me confier à elles. Elles m’ont rassurée. Le jour où j’ai fait l’« abeille » sans me sentir ridicule, j’ai bien dû m’admettre que le yoga prénatal m’avait finalement charmée.

Alors dans quelques heures je m’offre cette source hebdomadaire de bien-être qui m’est devenue indispensable. 90 minutes de confort. Un état qui se raréfie de semaine en semaine. Assez pour faire en sorte que ce cours de yoga est la seule activité que je refuse de manquer, sous aucun prétexte! J’en suis devenue dépendante, je le pratique de plus en plus, chez moi, de ma propre initiative et j’en fais même la promotion!

Promotion qui contribue peut-être à allonger les listes d’attente. Désolée pour celles qui voudront s’y joindre, il ne faut pas se faire d’illusion. Dans le monde de la parenté, les listes d’attente ne se limitent pas aux garderies. Elles s’emparent de toutes les activités concernant la maman en devenir ou le jeune parent : l’accès aux services d’une sage-femme, le yoga, les activités aquatiques, l’accès à un suivi pédiatrique, l’inscription aux écoles alternatives ou spécialisées…

J’ai ajouté « développer ma patience » à ma liste d’objectifs.
Et pendant que je travaille là-dessus, le temps s’écoule…

10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1…

jeudi 4 novembre 2010

Oser continuer



À ma propre surprise, j’ai osé. J’ai osé la promotion de mon blogue auprès de quelques amis! Un ancrage de plus à mon double défi. Si j’arrêtais maintenant, quelques personnes pourraient témoigner de mon abandon et mon orgueil fait déjà sonner son mantra dans ma tête : « Moi aussi j’suis capable! » L’excitation se mêle tranquillement à la nervosité.

Un article est paru jeudi dernier dans la première édition papier du Rue Frontenac. J’en ai bien sûr pris une copie, par soutien pour la cause. À la quinzième page, un titre m’accroche : « Gros bedon, gros cerveau ».
Ma curiosité est piquée… ma grossesse est-elle le reflet de mon intelligence?! Suis-je en train de devenir génie à mon insu avec ce tour de taille qui pousse comme si j’y plantais de l’engrais?

Pas tout à fait! Des médecins chercheurs de Yale ont observé une augmentation de la matière grise du cerveau chez les mamans durant les premiers mois du post-partum. Cette augmentation serait encore plus importante chez les mamans qui vivent positivement toute l’expérience maternelle et les changements structurels seraient associés, entre autres, au développement de l’instinct maternel et à une augmentation de la motivation… Est-ce là l’origine de l’impulsion qui m’a poussée à créer ce blogue? Qui sait! Mais à en croire les hypothèses de la recherche, cette naissance m’apportera peut-être aussi sa dose d’ambition et une nouvelle forme d’intelligence!

Papa développera-t-il lui aussi un avantage cérébral? Observez les nouveaux parents autour de vous. Nos têtes enflées nous aideront-elles à trouver des réponses à nos maux?

Pour lire l’article (en page 15)