jeudi 23 juin 2011

Une maison pour Laurier



La maison de Laurier
Entre deux courses et deux repas, entre deux boîtes à remplir et à déplacer, entre deux commissions de rénovation, entre deux brassées de lavage et deux ménages, entre deux aller-retour entre la vieille et la nouvelle maison…

Alors que Laurier expérimente les sons et bientôt la dentition. Alors qu’il rit de plus en plus souvent de bon cœur. Alors qu’on s’ajuste, lui et moi, aux céréales et aux biberons. Alors que je fais lentement le deuil de mon allaitement…

Pendant que mon chum défonce, arrache, scie, cloue, ajuste, mesure, perce, monte, pose, sable, tire, nivelle, soulève…

Entre deux souffles. Pendant que mon chum s’épuise et que je m’épuise de le voir s’épuiser…

La maison de Laurier se dessine. Ç’aurait pu n’être qu’un simple 4 et demi. Mais même si dehors on ne voit pas plus loin que quelques pâtés de maison, notre vision dépasse de loin l’horizon.

La maison de Laurier aura du caractère. Elle relatera, à sa façon, l’histoire de son quartier. Les lattes de son plancher traceront ses cent ans d’histoire. Le multilinguisme de son panneau électrique rappellera les diverses cultures que son toit aura logées. Ses défauts seront vestiges des erreurs et mauvais goûts des années passées, ou, plus tard, de cette année où nous aurons commencé à la transformer, inexpérimentés.

Des gens qu'on aime!
Le travail est lourd. Les vieux os sont fragiles. Le projet est entamé, mais est encore à plusieurs années d’être complété. La patience et l’effort sont clés pour pouvoir remplacer, réparer et récupérer. Nos familles et nos amitiés nous auront sauvés dans ce périlleux début. Cette maison sera non seulement le fruit de notre folie, elle reposera aussi sur la sueur et le labeur d’un tas de gens qu’on aime.

Aux yeux d’un autre, elle n’aura probablement rien d’extraordinaire, mais on la saura à notre image, imparfaite, solide, pleine d’histoire et pleine d’avenir.

Une face de tortue!
Y a de l’amour dans l’air, mais aussi tellement de poussière. Le stress du calendrier qui souffle dedans; il est parfois difficile d'y voir la lumière. Alors si je mets un peu de romantisme dans ma peinture, ce n’est que pour adoucir les moments les plus durs.

Et au coeur de tout ça, notre petit chat qui sourit, s'étonne, fait des faces de tortue… la beauté de la vie qui persiste à travers ses épreuves !

vendredi 3 juin 2011

Mères parfaites, démystifiez-vous !

J’appelle à la confesse toutes les mères parfaites. Que votre perfection ne soit que prétention ou qu’elle soit maîtrisée d’un moral de fée, je veux que se dévoile au grand jour les vraies histoires de ce qui se passe dans vos cours.

Si votre discours n’est qu’une illusion, alors démasquez-vous et allégez ainsi mes imperfections. Et si votre parcours parental vous baigne en effet dans une mer de félicité parfaite et continue, alors partagez avec moi vos notes que je puisse les étudier avec concentration.

Toutes ces normes entourant la maternité sont-elles réellement lourdes ou bien est-ce le poids de ma perception qui me courbe ainsi l’échine ? Où sont ces mères pour qui l’allaitement se vit chaque fois dans la plénitude ? Où sont celles qui arrivent à mettre leur enfant propre dès les premières semaines de vie ? Où sont celles qui ne semblent connaître ni la détresse, ni le besoin de se plaindre ou se défouler un peu ?

Il y a de ces journées où la mélodie des autres me semble si impeccablement jouée qu’elle ajoute une lourdeur à chacune de mes fausses notes.

Mon bébé n’est ni facile, ni difficile. Il apprend, fait de son mieux, se réjouit et se fâche aussi. Sa maman n’est ni meilleure, ni pire qu’une autre. Elle apprend, fait de son mieux, se réjouit et s’inquiète aussi. J’ose espérer qu’il est juste de croire que chaque duo connaît ses exploits, ses combats.
Mon petit chat et moi connaissons un succès certain dans la dépense d’énergie. Notre combat à nous, c’est l’apport en énergie ; chaque boire qui représente un défi. Nous sommes allés à la pêche aux conseils dans toutes les mers et chez toutes les mères. Nos réserves ne pourraient être mieux remplies. Elles nous permettent de traverser certains boires avec fierté et facilité ; d’autres encore à bout d’efforts, de patience et de compromis.

Rares sont les écoles où l’allaitement n’est pas un consensus pesant sur toutes les mamans avec ses mille mercures de pression. Pourquoi sont-elles si peu enclines à bien vouloir admettre que l’expérience de l’allaitement peut présenter elle aussi quelques imperfections ? Cette croyance naïve en la perfection du phénomène aura ralenti temporairement la croissance de mon fils. Elle accompagne chaque biberon de lait maternisé d’une effervescence de culpabilité.

Alors à chaque parent, chaque enfant, chaque moment ses défis. On apprend, on s’adapte. Les temps changent et on recommence.

Osez dire que c’est parfois difficile, ça rendra le tout un peu plus facile.