« Oh non! On va tomber
dans l’eau maman! On va tomber dans l’eau! »
Nous roulions sur la côte
amalfitaine. Bien installé dans son siège d’auto, Laurier nous faisait part de
ses constats, à la fois amusé et légèrement inquiet.
Nous avions sélectionné la
catégorie « compact » des voitures. Au moment de la remise des clés,
la compagnie nous faisait cadeau d’un modèle plus luxueux : Peugeot
familiale de l’année avec toit vitré, GPS, air climatisé et d’autres bons
petits chaussons. Nous étions montés à bord. Derrière le pare-brise, nos
sourires naïvement ravis s’étaient mis en route et bénissaient cette chance
d’avoir accès à tant de confort.
C’était jusqu’à ce que nos
roues quittent les artères principales pour s’immiscer dans l’étroitesse des
routes de la côte amalfitaine. L’obésité de notre voiture l’empêchait de
parcourir agilement ce serpentin reliant toutes ces destinations prisées. La
tortuosité du chemin se marrait bien de notre confort. Se stationner sans
obstruer la voie tenait du miracle. Nous avancions sur la chaussée à bord de
cette grande maladroite, tentant à la fois de n’arracher de morceaux à personne
et de garder les nôtres. Nous montions lourdement sur les routes sculptées à
même la falaise et redescendions parfois avec l’impression de se jeter dans
cette vallée d’eau salée qui s’étendait à nos pieds.
Nous rêvions de courser au volant d’une de ces minuscules voitures européennes. Quoique nous n’étions nullement équipés pour tracer des arabesques, nous avons réussi à faire danser notre baleine automobile sur des centaines de kilomètres de pittoresques sinuosités.
| Laurier aurait préféré qu'on loue un tracteur |
| Des lauriers, partout le long des routes |
| Mon Laurier, le long d'une route |
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