jeudi 18 octobre 2012

Tracer des arabesques


« Oh non! On va tomber dans l’eau maman! On va tomber dans l’eau! »

Nous roulions sur la côte amalfitaine. Bien installé dans son siège d’auto, Laurier nous faisait part de ses constats, à la fois amusé et légèrement inquiet.

Nous avions sélectionné la catégorie « compact » des voitures. Au moment de la remise des clés, la compagnie nous faisait cadeau d’un modèle plus luxueux : Peugeot familiale de l’année avec toit vitré, GPS, air climatisé et d’autres bons petits chaussons. Nous étions montés à bord. Derrière le pare-brise, nos sourires naïvement ravis s’étaient mis en route et bénissaient cette chance d’avoir accès à tant de confort.

C’était jusqu’à ce que nos roues quittent les artères principales pour s’immiscer dans l’étroitesse des routes de la côte amalfitaine. L’obésité de notre voiture l’empêchait de parcourir agilement ce serpentin reliant toutes ces destinations prisées. La tortuosité du chemin se marrait bien de notre confort. Se stationner sans obstruer la voie tenait du miracle. Nous avancions sur la chaussée à bord de cette grande maladroite, tentant à la fois de n’arracher de morceaux à personne et de garder les nôtres. Nous montions lourdement sur les routes sculptées à même la falaise et redescendions parfois avec l’impression de se jeter dans cette vallée d’eau salée qui s’étendait à nos pieds.

Nous rêvions de courser au volant d’une de ces minuscules voitures européennes. Quoique nous n’étions nullement équipés pour tracer des arabesques, nous avons réussi à faire danser notre baleine automobile sur des centaines de kilomètres de pittoresques sinuosités. 

Laurier aurait préféré qu'on loue un tracteur

Des lauriers, partout le long des routes

Mon Laurier, le long d'une route

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