mardi 25 février 2014

Et si les Chinois avaient raison?


À ma première grossesse, je n’ai pas voulu savoir si j’attendais une fille ou un garçon. J’ai bien essayé de trouver la réponse moi-même en scrutant l’écran de l’échographie, mais j’arrivais à peine à discerner sa tête de ses pieds alors pour le sexe, on repasserait.

Je m’étais quand même prêtée à un petit exercice de calcul chinois, en suivant ce lien proposé par une de mes amies. Ces supputations, issues de l'ancienne astrologie chinoise, résultent du croisement entre l’âge de la mère, au moment de la conception, et le mois de la conception. Le résultat m’avait prédit un garçon. Mais bon, à cette époque, le résultat ne m’importait pas alors je l’ai vite oublié.

Cette fois-ci, j’ai voulu savoir. À mon grand désespoir (maintenant chose du passé), la médecine occidentale m’a annoncé, avec une certitude assumée, l’arrivée d’un autre homme dans ma vie au mois de juillet prochain…


-       Attention ça va être froid.

Je frissonne alors que la technicienne répand le gel sur mon ventre, si froid qu’on croirait qu’elle le fait pour calmer une inflammation. À peine la sonde touche-t-elle mon abdomen qu’elle entame son refrain :

-       Oh! C’est un p’tit vigoureux ce bébé-là! Il n’arrête pas de bouger!
-      
-       Ouin! Y en a d’dans. Il est difficile à attraper, plein d’énergie! Un p'tit tanant!
-      

Voilà des mois que je « prie » pour un enfant calme, que je demande à mes morts de faire en sorte que le prochain soit tout en douceur, que je supplie le ciel de m’envoyer un enfant un peu moins turbulent. Plus elle insiste, plus mes pensées déroutent, plus je tends vers la dramatisation...

-       Tout est beau pour les mesures. Il est en pleine santé cet enfant-là. Regardez-le grouiller!
-        Okay... Et êtes-vous capable de me dire si la tendance est féminine ou masculine?
-       Ah ben c’est un gars ça madame! Regardez. (Elle me pointe la partie de l’écran illustrant l’évidence. Je n’y discerne pourtant rien.)
-       Mais là… vous avez même pas un p’tit doute?
-       Ben non! Regardez! (elle pointe encore) Mais bon. C’est sûr que dans la vie on peut toujours se tromper.

Je retiens mes larmes. Je suis déçue, bien que je sache le sentiment inadapté : on vient de m’annoncer la santé de mon bébé. Mais quand mes pensées dramatisent, ça brasse dans mon esprit et ma raison se met très vite à l’abris, se cache dans un coin reclus, introuvable. Ce matin là, ma raison n’était pas un adversaire de taille à la dramatisation que ma tête mettait en scène.

Bon. J’en suis revenue, quand même. Mes écarts de folie sont ponctuels, mais demeurent passagers.

Et ces derniers jours, je suis retombée par hasard sur ces supputations chinoises. Elles semblent relever plus de la magie que du domaine empirique ou scientifique, mais bon. Peut-être? L'astrologie chinoise me prédit une fille. Je me questionne.

Et si la médecine moderne se trompait?

Et si c’était les Chinois qui avaient raison?

Je vous parle des Chinois et ce matin, mon homme s'est justement envolé vers la Chine, me laissant seule avec le fils et ses mille chevaliers. Me voilà princesse monoparentale.

mercredi 12 février 2014

Lecture, écriture et biscuits au chocolat

J’ai très peu écrit dans ce blogue depuis l’été dernier. Trop de boulot, pas assez d’énergie, trop de larmes, pas assez d’agrément. Quelque chose qui ressemble à un surmenage. Bref, manque de temps.

Mais du temps, mon médecin m’en a prescrit il y a quelques jours. Le « petit vigoureux » qui m’habite depuis maintenant quatre mois me bousille déjà le bassin. La grossesse réveille les blessures de mon premier accouchement et limite ma mobilité. Tourner dans mon lit est redevenu une activité douloureuse. Je pourrais m’apitoyer. Mais du noir, j’en ai tellement broyé au cours des derniers mois, que j’en ai heureusement épuisé toutes mes réserves (enfin presque. tsé). Je risque fort de très peu bouger d’ici la fin de l’année, certes, mais cette limitation a signé mon arrêt de travail, d’où tout ce temps qui se trouve maintenant à ma disposition et dont je choisis d’abuser.

Je lis, j’écris et je mange des biscuits. J’en profite pour faire le point…

Je suis déjà plus grosse et plus handicapée que lorsque j’étais bien plus avancée lors de ma première grossesse.

Je m’aperçois que cet état physique, bien qu’un peu lamentable, n’affecte pas mon moral et ça me rassure énormément. À sa deuxième grossesse, ma mère s’est tellement empâtée qu’elle a arrêté de compter après 65 livres de surplus. Ma consommation de biscuits ayant déjà significativement augmenté, je suis en lice pour battre son record. Heureusement, ma mère s’est vite débarrassée de sa silhouette hippopotamesque et j’ai toujours été son portrait « tout craché ». Y a de l’espoir!

Les journées s’allongent, aussi. Je revis. Je retrouve peu à peu cet optimisme qui s’était tapis dans un coin sombre de mon sous-sol. Je me dirige droit vers un deuxième accouchement doublé d’un autre déménagement et de rénovations, mais je ne désespère pas. Je comprends qu’il y a pire, dans la vie.

Quand on m’a annoncé, avec assurance et certitude, que le « petit vigoureux » affichait déjà fièrement ses attributs masculins, j’avais encore un pied dans mon trou noir. J’ai braillé, littéralement, toute la journée, sans pouvoir m’arrêter. Je pleurais les histoires de princesses que je ne lirais jamais, les cheveux que je ne tresserais pas. En toute honnêteté, je désespérais aussi à l’idée de ces jeux de chevaliers et de hockey qui s’éterniseraient et que déjà j’ai de la difficulté vraiment apprécier.

Mais je parle maintenant de « mes gars » avec un bonheur et une fierté sincère et anticipée. Tellement que j’en suis même venue à craindre qu’ils se soient trompés en me disant d’acheter d’autres pyjamas bleus!

Je suis donc assise bien droite, à table devant mon ordinateur. Ma bedaine s’arrondit presque à vue d’oeil, à force de ne pas bouger dans ma petite maison où le garde-manger se trouve toujours à portée de la main. Je cherche partout mes anciens vêtements de maternité qui refusent de se manifester. Mystère. Alors j'abuse de mes vêtements élastiques. C'est le jour de la marmotte dans ma vie vestimentaire. La seule différence se trouve dans la taille de mes leggings qui se fait de plus en plus serrée.

Je lis, j’écris et je mange des biscuits.

Tout est déjà en place pour favoriser la prise de poids, alors plutôt que de nager à contre-courant (je ne peux plus nager, ça fait trop mal), je surfe la vague et je me fais plaisir. Y en aura pour me juger, d’autres pour s’inquiéter, peut-être quelques-uns pour m’envier et certainement plusieurs pour en rire.


Je veux reprendre les rennes de ce blogue et le nourrir un peu en contenu. Grossesse sympathique. Je me donne comme défi d’écrire à toutes les semaines, au fil des kilos qui s’ajoutent sur la balance et d’ici l’arrivée de mon prochain petit gaillard. Fini l'exercice physique. Place à ma routine de mise en forme littéraire!