mercredi 24 juillet 2013

Et toi, ta robe d'accouchement?

La nouvelle a failli passer sans que je ne la remarque. Autour de moi, on s’en fout pas mal. Semble-t-il que je ne connaisse aucun junkie de la monarchie.

Ainsi, j’ai failli ne pas voir cette photo de Kate et William, tenant au creux de leurs bras leur tout nouveau petit prince. Sur cette photo, on voit le papa dans une chemise bleu pâle, le regard penché vers son nouveau-né, dévoilant le début de sa calvitie. À côté, on voit la maman, radieuse, sans aucun cerne, pas enflée, pas décoiffée. Le vent souffle dans ses longs cheveux et elle sourit. C’est à peine si son ventre trahit la grossesse qui a pris fin la veille. Elle porte une jolie robe à pois, cintrée à la taille et mettant en valeur une poitrine gonflée des joies de la maternité. La robe est aussi bleu pâle, assortie à la chemise du père et au sexe du futur roi qui repose dans leurs bras.

Vous vous demandez peut-être où je veux en venir, puisque moi aussi, la monarchie ne me fait pas un pli? C’est qu’en voyant cette photo, j’ai repensé au lendemain de mon accouchement. Grossièrement vêtue d’une jaquette d’hôpital mettant en valeur la profondeur de mes cernes, je m’approchais de mes visiteurs d’une démarche vide de toute élégance. J’ai aussi pensé à certaines de mes amies, le lendemain de leur accouchement… L’une restait étendue, un bâton de glace entre les jambes. Une autre calmait son anxiété, une psychiâtre à son chevet. Une autre encore m’a demandé de prendre en note la quantité de pipi qui se trouvait dans le réceptacle de sa salle de bain. Elle ne pouvait pas se lever, alourdie par la douleur et les dizaines de livres d’œdème qui avaient fait disparaître ses chevilles et même son cou.

Moi, le lendemain de mon accouchement

« Mais comment? » me suis-je dit en voyant Kate descendre les marches de l’hôpital avec la même grâce que celles de l'église le jour de son mariage, « Comment fait-elle? » Je sais, bien sûr, que l’équipe médicale royale y est pour quelque chose. Kate a probablement aussi eu la visite d’un coiffeur spécialisé en mise en pli post-accouchement avant sa sortie officielle. Mais, ai-je découvert suite à une courte recherche google, tout espoir n’est pas perdu pour mes amies, pour moi et pour toutes les autres femmes sans racines royales. Il est maintenant possible, pour nous aussi, de revêtir une robe spécialement conçue pour l’occasion, de se parer d’une robe à fleur ou à pois pour le grand jour, de s’habiller pour accoucher


« What will YOU be wearing on your DELIVERY DAY? » nous demandent-ils sur leur page d’accueil. La voici enfin, la réponse à cette question qui nous hante toutes durant les 9 mois de notre grossesse. Tant pis, si je ne dors pas pendant 1, 2 ou 3 nuits. Tant pis, si je m’époumone à crier ma douleur pendant des heures. Tant pis, si cette tête et ces épaules qui sortent par là offrent sans aucun doute un spectacle plutôt perturbant. Et tant pis, si par la force des poussées je finis par chier sur la table!

Au moins, je le ferai avec élégance et coquetterie. Avec le chic de ma birthing gown!

Pas convaincues? Je vous traduis ici quelques-uns des témoignages recueillis sur le site :

« Le concept est génial. Merci de donner la chance aux femmes en travail de pouvoir continuer à être belle, peu importe ce que notre corps traverse. »

« La robe me va à merveille. Je serai certainement une future maman très à la mode à l’hôpital lors de mon accouchement! »

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Et tant qu'à être sur le sujet… On ne connaît pas encore son nom, à ce prince, mais on sait au moins une chose, ce sera un nom royal, princier, hors classe. Un nom fait d’un assemblage de lettres somptueux, digne d’un monarque. Une bonne partie de la presse mondiale reste à l’affût. C’est que cette décision en influencera bien d’autres. C’est que des milliers de bébés, nés dans les derniers jours ou dans ceux à venir sont encore sans nom puisqu’ils porteront celui du bébé princier. Leurs mamans attendent donc patiemment la grande annonce, question d’ajouter une teinte royale aux couleurs de la destinée de leurs nouveau-nés.





jeudi 4 juillet 2013

Bidou s'en va en camping


Un volume impressionnant d’équipement jonchait le plancher du salon. Le nécessaire pour 2 nuits de camping en petite famille. Le strict nécessaire. Rien d’autre que l’essentiel. Ce fut pourtant un travail rigoureux de tout faire entrer dans la voiture. Parmi ces centaines de kilos de bagages, un nouveau petit sac à dos et une lampe frontale qui peut éclairer loin ou clignoter, qui peut même éclairer vert ou éclairer rouge. Laurier n’en revenait tout simplement pas : il pouvait emmener avec lui son sac, sa lampe ET son vélo avec son casque. Il semblait à l’orée d’un degré de bonheur encore jamais ressenti! Dans la voiture, il exprimait sa joie à travers l’invention de chansons sur des sujets qui lui plaisaient :

« On va MANGER… des granOLAAAAS… dans la glaciÈEEERE! Pis aussiiii, des pains ROOOONDS… pis quelque chose aussiiii!... »

Je ne saurais dire le nombre de fois qu’il a répété, à tue-tête, ce refrain peu mélodieux mais ô combien enthousiaste. Il nous a diverti ainsi jusque l’autre côté des frontières et s’est enfin endormi, juste un peu avant d’arriver.

C’était notre première expérience de camping en famille. On annonçait de la pluie et des orages toute la fin de semaine, mais l’endroit regorgeait de tous les ingrédients nécessaires au bonheur de mon petit homme… La tente faisait face à une minuscule plage, calme et sablonneuse. Des sentiers de vélo traversaient la forêt et le reste du terrain était tapissé de branches et de cocottes. Laurier a passé la majorité de sa fin de semaine les pieds dans l’eau, en toute nudité, à faire des châteaux, des piscines et des chutes. Il n’en sortait que pour aller chercher des bâtons « de golf » et des cocottes qu’il s’amusait à frapper avec toute la force de ses muscles d’enfants, petits, mais pourtant si définis dans son cas. Et bien sûr, il accompagnait, en tant que seul enfant, un groupe d’une dizaine d’adultes tous prêts à lui donner une sérieuse dose d’attention.


En camping, Laurier a appris à faire pipi comme un grand. Il a ainsi arrosé les racines de plus d’un buisson. Il a descendu une grosse « côte » de vélo qui lui a valu une belle chute et quelques égratignures. Le soir venu, il a toléré les moustiques sans chigner. Il a fait une expédition d’environ 1 kilomètre qui a duré près d’une heure, l’abondance et la diversité des bâtons qui recouvraient le sentier nous ralentissant. Il a goûté aux guimauves et à un bonheur prolongé et ininterrompu.

Pour Bidou, le camping, c’était le paroxysme du bonheur… si on oublie bien sûr les heures (minutes) des repas, durant lesquelles il nous laissait entendre qu’on le traînait en enfer en lui interdisant de manger debout sur la table. En le couchant, le premier soir, je lui ai dit qu’on passerait encore 2 jours dans la forêt. Il a relevé la tête et a répondu d’un petit cri aigu, plein de sourires :


« Ha! Pour VRAI?!!!! Maman, moi j’aime TROP ça le camping! »