mercredi 17 octobre 2012

Tutto bene


La côte amalfitaine
Positano

Voir l'Italie

« On ts’en va à la commission! »
« À l’expédition mon loup. On s’en va à l’expédition. »


En Italie, le choix du petit déjeûner se faisait difficile pour Laurier : gâteau, croissant au chocolat ou tartinade au nutella. Nous venions donc de terminer le premier repas de la journée. Une moustache chocolatée surmontait le sourire de mon petit lapin. Il était à peine 9h00. Nous avions comme objectif de terminer la randonnée en avant-midi afin de permettre à Laurier de faire une belle sieste après l’excursion.

Nos aventures débutaient, comme tous les matins, par les longs escaliers de pierres de Seiano. Nous devions d’abord nous diriger vers l’agence de tourisme de Positano afin de s’équiper d’une carte du sentier. Les routes, telles des lacets serrés, ne nous permettaient de faire qu’une partie du chemin en voiture. Elle se terminait dans la cohue touristique des ruelles pédestres de la ville. Nous coursions contre le temps. Quelques gentils italiens avaient l’amabilité de nous aider à nous situer. Le temps de me féliciter de ces courtes conversations italiennes et de perdre le chapeau de Laurier une énième fois, nous étions de retour en voiture, filant vers les rues encore plus tortueuses de Nocelle, à la recherche du début du sentier. Après un stationnement improvisé en bord de falaise, nous débutions la marche, déjà à bout de stress et assoiffés : Sentiero degli Dei (Sentier des Dieux). Il était 14h00. Enfin nous marchions, ce serait tant pis pour la belle sieste!

Vignoble
Le sentier surplombait les falaises de la côte amalfitaine et offrait une vue imprenable sur les petites villes animées du littoral. Notre regard plongeait vertigineusement vers la côte méditérranéenne ou se perdait dans un horizon percé de jets de lumière. Nous côtoyions des potagers de vignes et de tomates étalés sur des paliers sculptés à flanc de montagne. Un vieil italien nous souriait parfois à travers ses rides. Une camisole blanche contrastait avec sa peau, noircie d’avoir jardiné pendant tant d’années sous le chaud soleil thyrénien. Avec notre accent, nous le remerciions d’avoir repéré le chapeau que Laurier avait encore lancé au bout de ses bras et nous recoiffions la petite tête blonde de notre garçon.

« Tutto bene Laurier? »
« Tutto bene maman! Tutto bene papa!»
Lentement mais sûrement, Laurier s’italianisait.


Nous avons continué, admiré le paysage qui s’étendait devant nous. Au bout de quelques instants, un tintement est parvenu jusqu’à nos oreilles. Plus nous avancions, plus les clochettes semblaient se multiplier. Nous avons demandé à Laurier ce que nous entendions… « La musique! » Et nos pas en suivaient le rythme. Au tournant suivant, des chèvres et leur berger nous saluaient:

« Écoute mon loup. Qu’est-ce qu’elles font les chèvres? »

… Quelques secondes de profonde réflexion…

« Elles jouent de la CASSEROLE!!! », a-t-il lancé avec entrain.

Rêver un peu
Quoique la randonnée elle-même n’ait pas été très ardue, les centaines de marches (peut-être même milliers) qui descendaient vers Praiano ont fini par avoir raison de nos cuisses. Heureusement, de bons amis nous attendaient au sein d’une crique où se fracassaient les vagues à la lumière rosée du soleil couchant. Nous avons plongé nos jambes dans la mer, nos lèvres dans une boisson bien méritée, celles de Laurier dans une montagne de gelato et nos regards dans la contemplation. Un temps pour quelques soupirs de satisfaction. Un temps pour réaliser que nous avions perdu le chapeau pour de bon… et nous sommes remontés! 

Les récompenses


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