dimanche 28 avril 2013

Je n’ai plus peur du hockey!



Eh non, je n'ai plus peur du hockey.

Enfin, beaucoup moins, disons. C’est que Laurier a troqué son bâton et sa balle pour une planche et des roulettes. Il garde toutefois intacte l’ardeur infatigable qui l’anime lorsqu’il se passionne pour un sport. Ainsi, nous ne jouons presque plus au hockey, mais passons des heures, à tous les jours, à faire rouler des planches.

Nous avons quitté, sans un seul regard en arrière, la phase « Hockey-patinâre-NON-NON-hockey-NON » et sommes entrés, sans aucune forme de transition, dans la phase « Skate-skate-NON-skate-NON-skate… NON! »

Le matin, en se levant, on s’empare des pièces Légo transformées en « skatebird » et on fait quelques fois le tour de la chambre. Laurier prend la fille, je prends le gars. On se dirige ensuite vers la cuisine et il déjeûne, accompagné de la fille et son skate. Évidemment, parfois il ne mange pas, mais la fille et le skate sont toujours là.


Il écoute, toujours deux fois de suite (au moins), un vidéo youtube durant lequel 2 jumeaux d’environ 11 ans multiplient les prouesses techniques sur le béton de leur ville. Il s’esclaffe chaque fois, à la 36e seconde, lorsque l’un d’entre eux termine sa course dans un arbuste à fleurs. La musique du clip tourne en boucle dans ma tête depuis 3 semaines.

 
L’autre jour, papi lui a offert une boîte de Méga Blocks, pour faire des constructions. Il s’est immédiatement emparé d’un des morceaux plats, a mis un pied dessus et s’est exclamé : « Ben là. On peut pas faire de skate avec ça. » Puis il lui a rappellé qu’à la maison, il avait un skate, « Un vrai! »

Le matin, il exige de parcourir les quelques 1000 mètres qui nous séparent de la garderie en skate. J’ai mal au dos juste d’y penser. Je réussis à m’en sortir en lui promettant d’en faire avec lui dès le retour à la maison. Puis, à son arrivée chez Tantine, il saisit un objet plat quelconque et se convainc qu’il s’agit d’un skate.

De retour à la maison, je lui offre des morceaux d’amandes effilées comme collation. Il me répond avec un sourire « Regade maman c’est des p’tits skates! » et refuse de manger les « skates » cassés. Nous allons ensuite dehors avec son skate. Pendant une heure, je lui tiens les mains et il roule sa planche sur le trottoir ou dans la cour d’école. Il fait des kick-flips et des « ta-i-le-flips ». Je fais travailler mes fesses et le bas de mon dos. Ma patience aussi.
 
Si je veux le faire jubiler, je roule avec lui jusqu’au parc de skate tout près. Mais quitter l’endroit demande chaque fois un exploit de persuasion. De retour à la maison, mes efforts de négociation sont épuisés. J’utilise l’arme ultime afin de le convaincre de venir souper : « Si tu rentres avec moi, on va aller regarder le vidéo de skate! » Quelques minutes plus tard, je l’entends rire : « Y a foncé dans les fleurs! »

La même chanson qui joue en boucle dans ma tête joue sur l’ordinateur. Deux fois de suite. J’ai déjà le gars Légo et son skate en main. On fera des tours de salon pendant que la chanson continue de tourner au fond de ma tête.




"Regular"
"Double Gouffy"

"À reculons"