Eh non, je n'ai plus peur du hockey.
Nous avons quitté, sans un seul regard en arrière, la
phase « Hockey-patinâre-NON-NON-hockey-NON » et sommes entrés, sans
aucune forme de transition, dans la phase « Skate-skate-NON-skate-NON-skate…
NON! »
Le matin, en se levant, on s’empare des pièces Légo transformées en « skatebird »
et on fait quelques fois le tour de la chambre. Laurier prend la fille, je
prends le gars. On se dirige ensuite vers la cuisine et il déjeûne, accompagné
de la fille et son skate. Évidemment, parfois il ne mange pas, mais la fille et
le skate sont toujours là.
Il écoute, toujours deux fois de suite (au moins), un vidéo youtube durant lequel 2 jumeaux d’environ 11 ans multiplient les prouesses techniques sur le béton de leur ville. Il s’esclaffe chaque fois, à la 36e seconde, lorsque l’un d’entre eux termine sa course dans un arbuste à fleurs. La musique du clip tourne en boucle dans ma tête depuis 3 semaines.
L’autre jour, papi lui a offert une boîte de Méga
Blocks, pour faire des constructions. Il s’est immédiatement emparé d’un des
morceaux plats, a mis un pied dessus et s’est exclamé : « Ben là. On
peut pas faire de skate avec ça. » Puis il lui a rappellé qu’à la maison,
il avait un skate, « Un vrai! »
Le matin, il exige de parcourir les quelques 1000
mètres qui nous séparent de la garderie en skate. J’ai mal au dos juste d’y
penser. Je réussis à m’en sortir en lui promettant d’en faire avec lui dès le
retour à la maison. Puis, à son arrivée chez Tantine, il saisit un objet plat quelconque
et se convainc qu’il s’agit d’un skate.
De retour à la maison, je lui offre des morceaux
d’amandes effilées comme collation. Il me répond avec un
sourire « Regade maman c’est des p’tits skates! » et refuse de
manger les « skates » cassés. Nous allons ensuite dehors avec son
skate. Pendant une heure, je lui tiens les mains et il roule sa planche sur le
trottoir ou dans la cour d’école. Il fait des kick-flips et des
« ta-i-le-flips ». Je fais travailler mes fesses et le bas de mon
dos. Ma patience aussi.
Si je veux le faire jubiler, je roule avec lui
jusqu’au parc de skate tout près. Mais quitter l’endroit demande chaque fois un
exploit de persuasion. De retour à la maison, mes efforts de négociation sont
épuisés. J’utilise l’arme ultime afin de le convaincre de venir souper :
« Si tu rentres avec moi, on va aller regarder le vidéo de skate! » Quelques
minutes plus tard, je l’entends rire : « Y a foncé dans les
fleurs! »
La même chanson qui joue en boucle dans ma tête joue
sur l’ordinateur. Deux fois de suite. J’ai déjà le gars Légo et son skate en main. On fera des tours de salon pendant que
la chanson continue de tourner au fond de ma tête.
| "À reculons" |

