mercredi 27 juin 2012

Sans mes hommes


Un de mes hommes parti travailler chez les Chinois, l’autre parti s’amuser chez ses grands-parents, je me retrouvais complètement seule. Séparée pour la première fois du plus jeune pendant plus de 24 heures, j’ai d’abord dû évacuer une vague de sanglots. M’aimerait-il encore autant à son retour ? Je craignais qu’il ne revienne, la bouche pleine de nouveaux mots pour me dire : « Maman, est-ce que je peux aller vivre au chalet avec mamie à la place ? »

Puis j’me suis raisonnée et je me suis mise à penser à tout ce que je pourrais accomplir durant ces 5 journées à moi toute seule. Je devais consacrer la majorité de ce temps libre à quelques contrats d’écriture, mais je bénéficiais d’un congé complet de toute forme de tâches parentales, ménagères ou maritales. J’étais légèrement déstabilisée !

J’aurais pu me la couler douce. J’aurais peut-être dû. Mais j’avais envie de faire avancer les choses de façon à ce qu’on puisse se prélasser en famille au retour de mes deux amours. Ils n'étaient pas là, mais je n'avais qu'eux en tête! J’ai donc mis la main à la pâte sur tous ces menus travaux qu’on reporte toujours au lendemain, faute de temps. Je n’ai socialisé avec personne. J’ai passé tout ce temps seule avec moi-même et ces corvées qui me tenaient occupée. J’aurais voulu profiter d’une ou deux grasses matinées, mais l’habitude et la clarté ont eu raison de mon envie de paresse. Si on avait pu m’espionner, on m’aurait probablement vu affairée au jardin ou à la cuisine peu après l’aube. Si on m’appelait en fin de journée, j’avais encore la voix rouillée de ne pas avoir parlé.

J’ai tenu la pédale de productivité dans le tapis et à ma grande satisfaction, j’ai pu rayer la majorité des items défilant sur la longue liste que je m’étais concoctée. Je me suis ainsi récompensée, sans culpabilité, d’une dernière journée à ne rien faire du tout. J’aurais bien aimé voir ma plume errer sur un papier et composer son plus beau texte de chanson, mais même là, le verbe écrire s'accompagnait d'un certain sentiment d'obligation. Alors j’ai lu, j’ai fait la sieste, j’ai marché, sans destination en tête et je me suis étendue sur le gazon pour regarder défiler les nuages. La farniente!

Je crois que mes cernes se sont atténués, que des nœuds de mon dos se sont déliés et que mes premiers cheveux blancs ont retrouvé leur couleur. Je me suis délectée de cette délicieuse paresse pendant tout un après-midi. Puis ma conscience s'est agitée, n'en pouvant plus de cet alanguissement. Je suis allée retrouver bidou. Il ne s’est pas précipité sur moi en demandant de longs câlins (comme dans mes rêves!): il avait la tête trop pleine d’idées de jeux. Il a cependant murmuré mon nom avec un sourire en coin et on est allé jouer ensemble. Mon cœur n’a cessé de fondre et le sien n’a cessé de pouffer de rire.

Mon amour, l'autre, le plus mature des deux, revient demain. youppi!

Un petit poulet heureux!

Mes hommes, gâtés d'un moment de tranquillité

mardi 12 juin 2012

Pousse pousse pousse!



Pour la première fois hier, notre jardin colorait nos assiettes à l’heure du souper. Une délicieuse salade de laitue Boston, bien verte et bien croquante, cueillie quelques minutes avant sa dégustation. Les parents se sont réjouis. Le bébé a recraché. Laurier a préféré tremper sa main dans la sauce Hp qui accompagnait le porc. Après un léger frisson et une drôle de grimace, il a léché sa main jusqu’à la dernière goutte avant d’en redemander. Sans viande, sans rien: type sauce!
Les plants de légumes poussent et mon petit jardinier aussi.

jeudi 7 juin 2012

Confitures maison

Avec l’été qui nous est arrivé chargé de toutes ses heures d’ensoleillement, j’ai passé les dernières semaines au chaud, sous la lumière du soleil et loin des reflets aveuglants de mon écran. Je n’ai pas été la seule à ressentir le regain d’énergie qui accompagne les jours d’été. Laurier exigeant dès son réveil d’aller jouer dehors, j’obtempérais avec plaisir. Le mois de mai a donc vu naître notre potager et a fait briller mon côté maman-gâteau. Mon pouce apprend tranquillement à changer de couleur et Laurier apprend, plus lentement encore, à ne pas frapper ou marcher sur les jeunes pousses d’herbes et de légumes.

Les heures passées les pieds dans la terre ou dans le carré de sable sont incalculables, tout comme le nombre de cailloux lancés dans l’eau. Lorsque le sommeil s’emparait de mon petit bidou, je m’affairais dans la cuisine, concoctant confitures, compotes et popsicles maison. Laurier croque dans la rhubarbe du jardin avec presqu’autant d’appétit que dans un morceau de chocolat ! Le temps s’écoulait si bonnement que j’avais parfois l’impression que le fond de ma cour cachait un décor de cinéma... Laurier et moi jouions les vedettes d’une émission cliché où la maman porte un tablier à carreau et cuisine des gâteaux pour son chérubin joufflu qui joue tranquille autour d’elle, tous les deux noyés d’amour l’un pour l’autre.

Mais il y avait bien sûr quelques rappels à la vie réelle. Au moment d’appliquer la crème solaire, je devais plutôt m’improviser dompteuse d’un lion farouche. À la collation, je constatais avec déception que la petite bouche capricieuse de mon fils se moquait bien de tout l’amour que j’avais mis dans la préparation. Comme tout ce qui surchauffe, sa colère d’enfant explosait sporadiquement. Et quoiqu’il n’y ait pas eu de tablier autour de ma taille, la quantité de vêtements à laver a certainement triplé !