mercredi 25 avril 2012

Réflexions printanières


C’est le printemps.
La saison s’est empressée de nous saluer il y a quelques semaines et voilà qu’elle bat maintenant de l’aile. La nature s’affole et opère difficilement ce changement vers un temps plus clément. On se demande si les nouvelles pousses, peut-être nées trop tôt, résisteront à ce temps froid. Laurier découvre les insectes, les boutons de fleurs et les tulipes qui dévoilent déjà leurs couleurs. À la maison, on parle des plantes et des légumes qu’on veut voir, sentir et goûter dans la cour cette année.

C’est le printemps.
Dans nos maisons comme dans nos rues et jusque dans nos projets de société, on sent qu’il y a du ménage à faire, des idées à remuer. Pendant qu'un gouvernement nous parle de jouets militaires et d'un débat sur l'avortement, l'autre accumule les histoires de corruption et choisit, de par son entêtement, de laisser dégénérer le conflit. Que la question soit provinciale, fédérale ou planétaire, on sent que ça ne peut plus durer.

On l’a senti aussi dimanche dernier, alors que des centaines de milliers de personnes ont tendu la main à la planète. Encore une fois ça m’a fait du bien ; de sentir qu’on peut encore s’unir pour quelque chose, qu’on peut toujours croire à quelque chose, que le cynisme n’a pas tué toute forme d’espoir. Car ce serait difficile d'être parent sans un souffle d'espoir. Certains diront qu’il est naïf de penser qu’on changera les choses simplement en marchant. Il faut pourtant avancer pour évoluer. Et si certains se sentent trop loin d’un mouvement d’une telle envergure, il existe à proximité des gens que l’on peut admirer pour les efforts qu’ils font pour la planète. Des formes d’efforts accessibles à tous.

Je lisais, il y a quelques minutes, un article illustrant le travail de la maman d'une amie pour la santé de son quartier (http://www.cyberpresse.ca/vivre/dossiers/mieux-vivre/201204/20/01-4517296-moi-mon-bonheur-trixi-rittenhouse.php). Trixi fait sa part chaque année en jardinant sur les trottoirs de son quartier et en ramassant les déchets que des gens désintéressés ou désillusionnés jettent par terre. Cette année, dans le cadre de la Semaine de la Terre, elle a récupéré des vieux vêtements pour un projet artistique exprimant l’importance de penser à nos arbres.

Heureusement, il y a encore des gens qui font passer le bien-être collectif avant l’engraissement de leur confort individuel. Une autre maman que j’admire, présidente de la compagnie qu’elle a créé, choisit de faire faire toute sa marchandise localement et verse un salaire plus élevé à sa couturière qu’à elle-même. Car peu importe ses profits, elle croit important de payer dignement ses employés. Je pense à d’autres parents qui parsèment les trottoirs de verdure tous les printemps, à ces mamans et ces papas qui voyagent en vélo plutôt qu’en voiture dès qu’ils le peuvent et à d'autres familles heureuses faisant preuve de simplicité volontaire. Je me dis que si on en fait tous au moins un petit peu, nos enfants sauront probablement en faire encore plus.




mercredi 18 avril 2012

La bulle sécuritaire


Quoiqu’il continue de donner fière allure à la catégorie des poids plume, Laurier maîtrise maintenant depuis un bon moment non seulement la marche, mais aussi la grimpe, la descente, les escaliers et même quelques positions de yoga que je tente de réussir depuis des années, sans succès. Est donc arrivé le temps, il y a quelques semaines, de troquer la « coquille » pour un siège d’auto plus grand.

L’aventure s’annonçait simple, mais on a dû emprunter quelques détours avant d’arriver à destination.

Je me suis d’abord informée sur ce qu’on offrait sur le marché. On met dans ce siège une source de vie, je préférais donc en faire trop plutôt que pas assez. J’ai lu avec attention le document offert par Protégez-vous, qui avait testé et manipulé toute une panoplie de sièges. J’ai visité deux magasins afin de comparer les modèles et les prix. Et bien sûr, plus on s’informe, plus ça se complique…

Il y a les phases 1, 2, 3 et plus. Il y a les modèles qui se transforment pour chacune des phases, et ceux qui ne le font que pour une ou deux. Il y a des modèles avec porte-biberon amovible, table de jeu, oreiller, miroir, appui-bras rembourrés et même certains de type La-z-Boy. Évidemment, tous ces modèles sont sécuritaires, testés et approuvés maintes fois et tous sont dispendieux.

Mais ça ne s’arrête pas là. J’apprends à la toute fin de mes recherches que pour des raisons de sécurité, les nouvelles recommandations pour 2012 indiquent que l’enfant doit faire face vers l’arrière jusqu’à ce qu’il dépasse 45 livres. Saviez-vous qu’un enfant peut franchir les portes de l’école primaire sans faire le poids pour regarder vers l’avant ? Installé ainsi, le banc prend tellement de place qu’on doit presqu’y sacrifier l’espace du passager avant. Une fois cette limite dépassée, il peut se retourner vers l’avant, mais devra s’asseoir dans l’une des multiples transformations de son siège jusqu’à ce qu’il atteigne 120 livres. Je pèse moi-même 120 livres. Je vous laisse vous étonner d’une telle absurdité et vous faire les mêmes réflexions qui m’ont traversé l’esprit.

Confuse, je me suis donc tournée vers une source d’information que j’avais négligée et qui m’a été, de loin, la plus utile jusqu’à maintenant dans ma vie de mère: les mamans de ma génération. Car je vous rappelle que les sièges pour bébé et les ceintures de sécurité à l’arrière ne sont devenus obligatoires qu’à partir de 1990! Je me souviens que, petite, j’aimais me reposer au sol, en petite boule derrière le banc de ma mère lors des longs voyages en voiture. Est-ce que d’ici une vingtaine d’années on trouvera téméraire les femmes de moins de 120 livres conduisant sans siège d’appoint ?

Les parents de mon entourage m’ont donc répondu en toute honnêteté et simplicité : « après 1 an, si ton enfant marche, tu peux le mettre face vers l’avant. » C’est ce qu’ils ont tous fait.

Voilà maintenant près de 2 mois que Laurier se balade en voiture, face vers l’avant, installé dans un siège acheté 30$ à la maman d’une belle petite Emilie. Il n’est composé ni de mousse mémoire, ni de système de dvd intégré, mais Laurier est tout heureux de pouvoir suivre le trajet des yeux et d’utiliser l’espace devant lui pour manipuler le balais à neige.