mardi 28 août 2012

Jours de spleen


Elle me guettait depuis quelques temps. Je sentais parfois sa présence jeter de l'ombre sur mes petits ruisseaux de joie. Son approche sournoise a finalement eu raison de moi il y a quelques semaines. Malgré l’amour de mon chum et les sourires de mon bébé, elle consumait mon bonheur et m’en privait. Avare, elle s'est emparée de mon enthousiasme habituel, de mon goût pour l'aventure et les projets nouveaux. Cette mélancolie s’est répandue, insidieusement, jusque dans tous les recoins de mon esprit.

Toutes les mères autour de moi se dessinaient sans faute à mes yeux. Leurs bébés qui mangent bien, grandissent bien, dorment bien et sourient presque toujours. Tous ces moments dont j’étais témoin entre une mère et son enfant semblaient baigner dans une mer de béatitude. J’étais loin sur la côte, incapable d’y plonger. Certains jours, je regardais douloureusement mon bébé y patauger avec sa mamie. « La journée a été parfaite! » me rapportait-elle avec joie après ses journées de gardiennage.

« Nous, on a toujours hâte que bébé se réveille. On s’ennuie dès qu’il n’est pas avec nous », s’exclamaient d’autres mamans, m’enfonçant sans le savoir un clou de culpabilité sur le cœur. On échangeait parfois sur le désir d’un deuxième enfant. Certaines l’ont déjà concrétisé. D’autres l’espèrent bientôt. L’idée les faisait sourire. Elle évoquait chez moi des souvenirs de douleurs, de longs mois de récupération, du deuil prématuré d’une période d’allaitement difficile. Comment pouvais-je nourrir une deuxième bouche si la première refuse encore trop souvent de s’ouvrir devant tous ces plats que je lui confectionne avec amour? Comment ce bassin fragile pourrait-il accueillir un autre petit coeur, alourdi lui aussi d'une curiosité infinie? Le poids du souvenir m'affaiblit encore, malgré la multitude de beaux moments que j'ai partagé avec mon chérubin et ma nouvelle petite famille.

Si vous me croisiez dans un parc ou autour d’un souper, vous m’auriez vue câliner mon enfant tout en lui souriant. Je cachais mon chagrin au fond de mes poches et tentais de me revitaliser en socialisant un peu. Mais de retour à la maison, il me collait à la peau et je respirais son âpre parfum par tous les pores de mon corps. Ça me piquait les yeux et l’eau y montait, puis débordait.

Heureusement, mon amoureux a réussi à éloigner ce triste nuage de mon esprit. À force de souffler dessus avec toute sa patience, son écoute et ses mots doux. Il m’a forcé à prendre du temps pour moi tout en s’assurant de tenir à distance toute sensation de culpabilité. J’ai plongé ma tête dans des livres et mon corps dans le yoga. J’ai joué avec Laurier, mais plutôt que de nettoyer, ranger ou préparer des repas lors de ses siestes, je me suis étendue avec lui. Je me suis cachée dans les bras de mon homme. Maintenant, je vais bien. C’est la rentrée et je suis de retour devant mon écran. Laurier a débuté la garderie hier. Il y aura d’autres histoires à raconter.

Ma lumière au bout d'un petit tunnel!


vendredi 17 août 2012

Ça prend des couilles

Sur la route du sentier des Carrières. Une belle surprise qui m'attendait tout au bout.

Ça m'a fait plaisir de tomber là-dessus par hasard, ce matin, en plein coeur d'une de ces périodes difficiles. Alors voilà. Je n'ai rien à ajouter pour aujourd'hui.

mardi 7 août 2012

Sale tempête!


Je jouais tranquillement dehors avec bidou lorsque les premiers déchets tombèrent du ciel. Quelques brindilles de papier et des poussières. Je pensai d'abord qu'il devait venter plus fort qu'on en avait l'impression, à l'abri dans la cour. Une dizaine de minutes s'écoulèrent, puis, alors que Laurier s'apprêtait à frapper un autre coup de maître avec son bâton de golf, une lourde chemise en denim s'effondra sur le gazon. Elle fut suivi de près par un calendrier chinois désuet. Des ordures de toutes sortes parsemaient désormais la cour: sacs de plastique usés, tapis délabré... même quelques éclats de verre aux formes coupantes et menaçantes. 

J'éloignai mon trésor de ces immondices, lui ordonnant de ne pas bouger. Il dut sentir la rage qui montait en moi car il obtempéra sans dire un mot. La porte de la ruelle s'ouvrit sur un gros "container". Du balcon du 4e étage de l'immeuble voisin, un homme y lançait des déchets à l'aveuglette...

- Excusez-moi, en haut!
- ...
- Excusez-moi, Monsieur en haut!
- Oui?
- Est-ce que ce serait possible de faire attention? Une partie de vos déchets tombent directement sur mon terrain.
- Ah oui, ça doit être à cause du vent.
- Peut-être, mais faudrait changer de méthode car c'est dangereux. je joue dans la cour avec mon enfant.

Un autre homme apparaît alors au côté du premier. Encore plus abruti que bedonnant, il s'empresse de me crier toute son arrogance:

- Aye là. C'est quoi? Vous vous pensez plus intelligente que nous? On n'a pas le choix, c'est plein de punaises icitte pis y faut tout vider, ça me tente pas plus que vous d'faire ça.
- Attendez là... je ne me pense pas plus intelligente que vous, mais c'que vous faites, c'est dangereux. Vous pourriez blesser quelqu'un. Je veux simplement pouvoir jouer avec mon garçon dans ma cour. Et en plus vous me dites qu'il y a des punaises sur ces déchets?
- C'est pas ça qu'j'ai dit. Pis de toute façon, si ça fait pas votre affaire, prenez votre p'tit pis allez donc jouer ailleurs.

...

J'évite de vous partager les idées qui me traversaient l'esprit à ce moment précis, mais elles me coloraient le visage en rouge et me sortaient par les oreilles, emboucanées. Après quelques minutes de cette intolérable argumentation, le premier des deux est finalement venu ramasser les ordures qui décoraient ma cour. Je suis retournée dans la ruelle, en fin de journée, pour constater les dégâts. Au coeur de la scène désolante qui m'accueillit, un miroir fracassé à même le sol, qui avait manqué de près la cible. Les centaines d'éclats de verre faisaient briller la ruelle.

Quoique ce petit épisode à la Maison du Laurier fut des plus fâchant, nous y passons tout de même, la majorité du temps, des moments agréables et mémorables.
Un "swing" de pro!