lundi 19 mars 2012

Jour d'été

Bien des gens se sont allongés dans les parcs de la ville pour profiter du soleil et du niveau de chaleur record enregistré aujourd’hui. D’autres animaient les terrasses, nourris du nectar de leur choix. Et d’autres encore ont choisi d’user la semelle de leurs souliers pour tenter de se faire écouter.
 
Aujourd’hui, j’étais de ces derniers. Laurier est venu avec moi manifester. Avec des milliers d’autres parents. Et des milliers d’autres enfants. Parce que je me suis informée. Parce que j’ai lu, j’ai écouté, j’ai observé, j’ai fouillé. J’en ai discuté et j’en ai débattu. Parce que c’est mon éducation qui a fait de moi une citoyenne vigilente et éveillée. Parce que je souhaite que cet éveil, cette conscience, cette lucidité soient accessibles. À mon fils, oui, mais aussi à celui de ma voisine. À tous. Parce que ce n’est pas vrai que tous les étudiants peuvent se payer des iPhone ou des Canada Goose. Parce que c’est le savoir qui élargit notre horizon et qu'il faut voir loin pour viser haut.
 
Parce que l’égocentrisme et l’individualisme de notre époque est un trouble envahissant de développement. Parce qu’il fait du bien se rappeler, au son des pas de milliers de gens, que nous faisons parti d’un tout. Que nous sommes les citoyens d’une société. Une société qui s’est déjà battue pour faire des choix. Et que c’est grâce à ces choix si une bonne partie d’entre nous a eu la chance de s’instruire, de développer sa vigilance et sa critique, son autonomie. Comment pourrais-je faire autrement qu’espérer cette même chance pour mes enfants ?
 
Aujourd’hui, Laurier et moi avons donc fait un effort de citoyen. Parce que malgré l’omniprésence de la facilité dans nos choix de vie, il vaut encore la peine de faire un effort. Parce que malgré le cynisme grandissant autour de nous, on doit encore croire à quelque chose.
 
Faire un petit effort politique, selon ses moyens, ça n’empêche pas de passer à côté du reste. Aujourd'hui, le reste, pour Laurier et moi, c’était les gallets et les flaques d’eau que la neige a laissées au cœur d’un parc ensoleillé.


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