Je
reviens d’un 2e traitement d’acupuncture. Des règles non écrites confirmeraient l’efficacité de cette technique. Que j’accouche ou non dans les prochaines 48 heures, je
confirmerai la règle en étant généralité ou exception. Ceux qui la vantent auront donc tous raison.
Je
ne sais pas à quoi penser alors je me demande ce à quoi je devrais penser. À ma
première grossesse, j’avais lu des livres qui me disaient quoi faire et quoi
penser. J’ai oublié ce que ces livres disaient et je n’ai pas envie de les
relire. J’ai déjà acheté des couches et des lingettes. Le lit de bébé est prêt
et j’ai même acheté 2 couvertures de mousseline. Elles ne sont pas de la marque
Aden & Anaïs. Mes
débarbouillettes ne sont pas faites de chanvre ou de coton bio. Je suis une
mère ordinaire. Je ne sais pas si j’aurai la patience de laver les couches. La
crème solaire que j’étends sur la peau de mon grand n’est pas « pour
enfants ».
Je
m’imagine me laisser tomber vers l’arrière. Bras ouverts. Atterrir doucement au
creux d’un grand lit. Le parfum des draps fraîchement lavés. Un sentiment de
légèreté. Ce sera pour un autre jour. Pour l’instant, je ne suis que lourdeur
et encombrement.
Pendant
si longtemps, j’ai craint la solitude. J’ai toujours redouté de me retrouver
seule. Depuis le début de ma maternité, cette peur devient de plus en plus
étrangère. J’existe à travers moi et à travers bientôt 2 autres personnes. Mes
chances d’être seule sont minces.
Je
rêve, maintenant, d’un peu de solitude. J’en fais un objectif et je fais
parfois garder mon grand pour y toucher un peu. Un peu de recueillement.
Retrouver la capacité d’aligner 2 idées dans ma tête. De former une pensée
concrète, complète et complexe. Parfois aussi pour simplement suivre le flot du
chaos dans mon esprit. Écouter mon cerveau désordonné. Me donner l’impression
que tout ça a un sens. Me faire croire qu’il y a un peu de poésie dans tous ces
mots qui naissent dans ma tête et ne se suivent pas. Essayer de leur donner une
forme.
Je
bois du café décaféiné. Pas pour la grossesse; pour les migraines. Mais j’ai
mangé, à presque tous les jours, 3 à 4 morceaux d’une palette de chocolat
Lindt. Noir à la fleur de sel ou noir à la menthe. J’achète les palettes par
douzaines lorsqu’elles sont en spécial à la pharmacie ou à l’épicerie. Je ne
sais pas si j’arriverai à me défaire de cette habitude. Je n’en ai aucune
envie. Les jours où j’en ai manqué j’ai dû prendre un café. Sevrage.
J’ai
perdu toute envie de cuisiner. Aucun repas ne m’inspire. La tâche est devenue
pesante et désagréable. La planification envahit dès le matin mes pensées et
nuit à la poésie chaotique de mon cerveau. Je mangerais des crêpes ou des
céréales à tous les repas. Je grignoterais des cerises ou des morceaux de
fruits que quelqu’un aurait préparés pour moi. Ça et mes morceaux de chocolat.
Il y aurait moins de vaisselle. Plus de temps pour écrire ou rêver. Perdre un
peu mon temps.

Tu es tout sauf une maman ordinaire!
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