jeudi 10 juillet 2014

Encore une traversée dans mes pensées



Je reviens d’un 2e traitement d’acupuncture. Des règles non écrites confirmeraient l’efficacité de cette technique. Que j’accouche ou non dans les prochaines 48 heures, je confirmerai la règle en étant généralité ou exception. Ceux qui la vantent auront donc tous raison.  

Je ne sais pas à quoi penser alors je me demande ce à quoi je devrais penser. À ma première grossesse, j’avais lu des livres qui me disaient quoi faire et quoi penser. J’ai oublié ce que ces livres disaient et je n’ai pas envie de les relire. J’ai déjà acheté des couches et des lingettes. Le lit de bébé est prêt et j’ai même acheté 2 couvertures de mousseline. Elles ne sont pas de la marque Aden & Anaïs. Mes débarbouillettes ne sont pas faites de chanvre ou de coton bio. Je suis une mère ordinaire. Je ne sais pas si j’aurai la patience de laver les couches. La crème solaire que j’étends sur la peau de mon grand n’est pas « pour enfants ».

Je m’imagine me laisser tomber vers l’arrière. Bras ouverts. Atterrir doucement au creux d’un grand lit. Le parfum des draps fraîchement lavés. Un sentiment de légèreté. Ce sera pour un autre jour. Pour l’instant, je ne suis que lourdeur et encombrement.

Pendant si longtemps, j’ai craint la solitude. J’ai toujours redouté de me retrouver seule. Depuis le début de ma maternité, cette peur devient de plus en plus étrangère. J’existe à travers moi et à travers bientôt 2 autres personnes. Mes chances d’être seule sont minces.

Je rêve, maintenant, d’un peu de solitude. J’en fais un objectif et je fais parfois garder mon grand pour y toucher un peu. Un peu de recueillement. Retrouver la capacité d’aligner 2 idées dans ma tête. De former une pensée concrète, complète et complexe. Parfois aussi pour simplement suivre le flot du chaos dans mon esprit. Écouter mon cerveau désordonné. Me donner l’impression que tout ça a un sens. Me faire croire qu’il y a un peu de poésie dans tous ces mots qui naissent dans ma tête et ne se suivent pas. Essayer de leur donner une forme.

Je bois du café décaféiné. Pas pour la grossesse; pour les migraines. Mais j’ai mangé, à presque tous les jours, 3 à 4 morceaux d’une palette de chocolat Lindt. Noir à la fleur de sel ou noir à la menthe. J’achète les palettes par douzaines lorsqu’elles sont en spécial à la pharmacie ou à l’épicerie. Je ne sais pas si j’arriverai à me défaire de cette habitude. Je n’en ai aucune envie. Les jours où j’en ai manqué j’ai dû prendre un café. Sevrage.


J’ai perdu toute envie de cuisiner. Aucun repas ne m’inspire. La tâche est devenue pesante et désagréable. La planification envahit dès le matin mes pensées et nuit à la poésie chaotique de mon cerveau. Je mangerais des crêpes ou des céréales à tous les repas. Je grignoterais des cerises ou des morceaux de fruits que quelqu’un aurait préparés pour moi. Ça et mes morceaux de chocolat. Il y aurait moins de vaisselle. Plus de temps pour écrire ou rêver. Perdre un peu mon temps.

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