lundi 14 juillet 2014

En attendant mon étoile

Tout ce qui touche la vie concerne aussi la mort. Difficile de ne pas penser à Mai Duong. Elle continue d'apparaître sur mon FeedJ’ai déjà signé ce que je peux signer. J’ai aimé la page de Mai et je ne sais pas comment en faire plus.

J’ai au verso de ma carte soleil l’autocollant autorisant le prélèvement de mes organes. J’ai aussi, depuis longtemps, complété toutes les étapes pour le don du sang de cordon au moment de mon accouchement. Mais ma peau est blanche et celle de mes bébés teintée de rose ou de pêche.

Je traîne difficilement mes pieds jusqu’au bout de mon entrée alors je continue de me promener dans mon esprit. Desfois, quand je prends des marches dans ma tête, j’aboutis par hasard dans un endroit intéressant. En le quittant, je jette alors des miettes par terre en espérant retrouver le chemin de mon idée, mais y semble toujours y avoir un oiseau pour les manger. Je pense que souvent cet oiseau s’appelle Laurier.

L’autre jour, j’ai fait du ménage. Je me sens particulièrement prête à accoucher quand la maison est propre. Mais ma maison ce n’est pas la nature et la nature se fout bien de mon horaire domestique.

J’ai lavé mes planchers. Tous les draps. Les plantes sont arrosées. Le linge est rangé. Ça ne veut pas dire qu’il est plié. Je n’aime pas plier et je ne repasse jamais. La vaisselle est lavée. Quelle différence pour le bébé si le ménage a été fait la veille ou si la poussière s’accumule dans les coins? Chaque fois que je termine un gros ménage, je souhaite secrètement que cette propreté soit éternelle. Que c’est fait! Mais c’est toujours à recommencer.

Je voudrais perdre mon temps. Allègrement. Laisser s’écouler les minutes en attendant. Sans que mon corps ne me rappelle tous ses inconforts. J’irais danser. Je marcherais jusqu’au sommet d’une montagne juste pour voir loin. Me distancer de mon corps avant de le réintégrer brutalement pour mettre au monde mon enfant.

Mon grand est né à l’hiver. Le froid, la neige, la glace. Ça me semblait être un bon moment pour naître. Cette fois-ci j’accouche l’été. Je trouve que la saison est parfaite. Surtout si la naissance me préserve de ma capacité à marcher. Je pourrai me promener au parc. Bébé dans un landau sous sa mousseline de marque ordinaire. Mon grand protégé du soleil par une crème sans nom, pas destinée spécifiquement aux enfants.

J’accouche dans une maternité non-climatisée. Avec des oreillers et des matelas en plastique. Je dois penser à apporter mes propres coussins. Je n’avais pas à penser à ça, en accouchant au mois de janvier. Bébé collé sur ma peau. Ce sera peut-être un temps de canicule. Il fera chaud. Ça reste mille fois mieux que de séjourner sur un étage de greffés, même s’il est climatisé. Apportez nous quelque chose de frais si vous venez nous visiter.


Je n’angoisse pas sur l’état de santé de mon bébé. C’est ce que je souhaite, évidemment. Mais ce n’est pas ce à quoi je pense si j’envoie une pensée vers le ciel ou si je ferme les yeux à 11 :11 et que je retiens mon souffle jusqu’à ce que la minute tourne. Devrais-je me questionner sur mes priorités?

1 commentaire:

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