mercredi 12 février 2014

Lecture, écriture et biscuits au chocolat

J’ai très peu écrit dans ce blogue depuis l’été dernier. Trop de boulot, pas assez d’énergie, trop de larmes, pas assez d’agrément. Quelque chose qui ressemble à un surmenage. Bref, manque de temps.

Mais du temps, mon médecin m’en a prescrit il y a quelques jours. Le « petit vigoureux » qui m’habite depuis maintenant quatre mois me bousille déjà le bassin. La grossesse réveille les blessures de mon premier accouchement et limite ma mobilité. Tourner dans mon lit est redevenu une activité douloureuse. Je pourrais m’apitoyer. Mais du noir, j’en ai tellement broyé au cours des derniers mois, que j’en ai heureusement épuisé toutes mes réserves (enfin presque. tsé). Je risque fort de très peu bouger d’ici la fin de l’année, certes, mais cette limitation a signé mon arrêt de travail, d’où tout ce temps qui se trouve maintenant à ma disposition et dont je choisis d’abuser.

Je lis, j’écris et je mange des biscuits. J’en profite pour faire le point…

Je suis déjà plus grosse et plus handicapée que lorsque j’étais bien plus avancée lors de ma première grossesse.

Je m’aperçois que cet état physique, bien qu’un peu lamentable, n’affecte pas mon moral et ça me rassure énormément. À sa deuxième grossesse, ma mère s’est tellement empâtée qu’elle a arrêté de compter après 65 livres de surplus. Ma consommation de biscuits ayant déjà significativement augmenté, je suis en lice pour battre son record. Heureusement, ma mère s’est vite débarrassée de sa silhouette hippopotamesque et j’ai toujours été son portrait « tout craché ». Y a de l’espoir!

Les journées s’allongent, aussi. Je revis. Je retrouve peu à peu cet optimisme qui s’était tapis dans un coin sombre de mon sous-sol. Je me dirige droit vers un deuxième accouchement doublé d’un autre déménagement et de rénovations, mais je ne désespère pas. Je comprends qu’il y a pire, dans la vie.

Quand on m’a annoncé, avec assurance et certitude, que le « petit vigoureux » affichait déjà fièrement ses attributs masculins, j’avais encore un pied dans mon trou noir. J’ai braillé, littéralement, toute la journée, sans pouvoir m’arrêter. Je pleurais les histoires de princesses que je ne lirais jamais, les cheveux que je ne tresserais pas. En toute honnêteté, je désespérais aussi à l’idée de ces jeux de chevaliers et de hockey qui s’éterniseraient et que déjà j’ai de la difficulté vraiment apprécier.

Mais je parle maintenant de « mes gars » avec un bonheur et une fierté sincère et anticipée. Tellement que j’en suis même venue à craindre qu’ils se soient trompés en me disant d’acheter d’autres pyjamas bleus!

Je suis donc assise bien droite, à table devant mon ordinateur. Ma bedaine s’arrondit presque à vue d’oeil, à force de ne pas bouger dans ma petite maison où le garde-manger se trouve toujours à portée de la main. Je cherche partout mes anciens vêtements de maternité qui refusent de se manifester. Mystère. Alors j'abuse de mes vêtements élastiques. C'est le jour de la marmotte dans ma vie vestimentaire. La seule différence se trouve dans la taille de mes leggings qui se fait de plus en plus serrée.

Je lis, j’écris et je mange des biscuits.

Tout est déjà en place pour favoriser la prise de poids, alors plutôt que de nager à contre-courant (je ne peux plus nager, ça fait trop mal), je surfe la vague et je me fais plaisir. Y en aura pour me juger, d’autres pour s’inquiéter, peut-être quelques-uns pour m’envier et certainement plusieurs pour en rire.


Je veux reprendre les rennes de ce blogue et le nourrir un peu en contenu. Grossesse sympathique. Je me donne comme défi d’écrire à toutes les semaines, au fil des kilos qui s’ajoutent sur la balance et d’ici l’arrivée de mon prochain petit gaillard. Fini l'exercice physique. Place à ma routine de mise en forme littéraire!

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