À
ma première grossesse, je n’ai pas voulu savoir si j’attendais une fille ou un
garçon. J’ai bien essayé de trouver la réponse moi-même en scrutant l’écran de
l’échographie, mais j’arrivais à peine à discerner sa tête de ses pieds alors
pour le sexe, on repasserait.
Je
m’étais quand même prêtée à un petit exercice de calcul chinois, en suivant ce lien proposé par une de mes amies. Ces supputations, issues de l'ancienne astrologie chinoise, résultent du croisement entre l’âge de la mère,
au moment de la conception, et le mois de la conception. Le résultat m’avait
prédit un garçon. Mais bon, à cette époque, le résultat ne m’importait pas
alors je l’ai vite oublié.
Cette
fois-ci, j’ai voulu savoir. À mon grand désespoir (maintenant chose du passé),
la médecine occidentale m’a annoncé, avec une certitude assumée, l’arrivée d’un
autre homme dans ma vie au mois de juillet prochain…
-
Attention ça va être froid.
Je
frissonne alors que la technicienne répand le gel sur mon ventre, si froid
qu’on croirait qu’elle le fait pour calmer une inflammation. À peine la sonde
touche-t-elle mon abdomen qu’elle entame son refrain :
-
Oh! C’est un p’tit vigoureux ce bébé-là! Il n’arrête
pas de bouger!
-
…
-
Ouin! Y en a d’dans. Il est difficile à attraper,
plein d’énergie! Un p'tit tanant!
-
…
Voilà
des mois que je « prie » pour un enfant calme, que je demande à mes
morts de faire en sorte que le prochain soit tout en douceur, que je supplie le
ciel de m’envoyer un enfant un peu moins turbulent. Plus elle insiste, plus mes
pensées déroutent, plus je tends vers la dramatisation...
-
Tout est beau pour les mesures. Il est en pleine santé
cet enfant-là. Regardez-le grouiller!
- Okay... Et êtes-vous capable de me dire si la tendance
est féminine ou masculine?
-
Ah ben c’est un gars ça madame! Regardez. (Elle me
pointe la partie de l’écran illustrant l’évidence. Je n’y discerne pourtant
rien.)
-
Mais là… vous avez même pas un p’tit doute?
-
Ben non! Regardez! (elle pointe encore) Mais bon. C’est
sûr que dans la vie on peut toujours se tromper.
Je retiens
mes larmes. Je suis déçue, bien que je sache le sentiment inadapté : on
vient de m’annoncer la santé de mon bébé. Mais quand mes pensées dramatisent,
ça brasse dans mon esprit et ma raison se met très vite à l’abris, se cache
dans un coin reclus, introuvable. Ce matin là, ma raison n’était pas un
adversaire de taille à la dramatisation que ma tête mettait en scène.
Bon.
J’en suis revenue, quand même. Mes écarts de folie sont ponctuels, mais demeurent
passagers.
Et
ces derniers jours, je suis retombée par hasard sur ces supputations chinoises.
Elles semblent relever plus de la magie que du domaine empirique ou
scientifique, mais bon. Peut-être? L'astrologie chinoise me prédit une fille. Je me questionne.
Et
si la médecine moderne se trompait?
Et
si c’était les Chinois qui avaient raison?
Je vous parle des Chinois et ce matin, mon homme s'est justement envolé vers la Chine, me laissant seule avec le fils et ses mille chevaliers. Me voilà princesse monoparentale.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire