La nouvelle a
failli passer sans que je ne la remarque. Autour de moi, on s’en fout pas mal. Semble-t-il que je ne connaisse aucun
junkie de la monarchie.
Ainsi, j’ai
failli ne pas voir cette photo de Kate et William, tenant au creux de leurs
bras leur tout nouveau petit prince. Sur cette photo, on voit le papa dans une
chemise bleu pâle, le regard penché vers son nouveau-né, dévoilant le début de
sa calvitie. À côté, on voit la maman, radieuse, sans aucun cerne, pas enflée,
pas décoiffée. Le vent souffle dans ses longs cheveux et elle sourit. C’est à
peine si son ventre trahit la grossesse qui a pris fin la veille. Elle porte
une jolie robe à pois, cintrée à la taille et mettant en valeur une poitrine
gonflée des joies de la maternité. La robe est aussi bleu pâle, assortie à la
chemise du père et au sexe du futur roi qui repose dans leurs bras.
Vous vous
demandez peut-être où je veux en venir, puisque moi aussi, la monarchie ne me
fait pas un pli? C’est qu’en voyant cette photo, j’ai repensé au lendemain de
mon accouchement. Grossièrement vêtue d’une jaquette d’hôpital mettant en
valeur la profondeur de mes cernes, je m’approchais de mes visiteurs d’une
démarche vide de toute élégance. J’ai aussi pensé à certaines de mes amies, le
lendemain de leur accouchement… L’une restait étendue, un bâton de glace entre
les jambes. Une autre calmait son anxiété, une psychiâtre à son chevet. Une
autre encore m’a demandé de prendre en note la quantité de pipi qui se trouvait
dans le réceptacle de sa salle de bain. Elle ne pouvait pas se lever, alourdie
par la douleur et les dizaines de livres d’œdème qui avaient fait disparaître
ses chevilles et même son cou.
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| Moi, le lendemain de mon accouchement |
« Mais comment? » me suis-je dit en voyant Kate descendre les marches de l’hôpital avec la même grâce que celles de l'église le jour de son mariage, « Comment fait-elle? » Je sais, bien sûr, que l’équipe médicale royale y est pour quelque chose. Kate a probablement aussi eu la visite d’un coiffeur spécialisé en mise en pli post-accouchement avant sa sortie officielle. Mais, ai-je découvert suite à une courte recherche google, tout espoir n’est pas perdu pour mes amies, pour moi et pour toutes les autres femmes sans racines royales. Il est maintenant possible, pour nous aussi, de revêtir une robe spécialement conçue pour l’occasion, de se parer d’une robe à fleur ou à pois pour le grand jour, de s’habiller pour accoucher…
« What will YOU be wearing on your DELIVERY
DAY? » nous
demandent-ils sur leur page d’accueil. La voici enfin, la réponse à cette
question qui nous hante toutes durant les 9 mois de notre grossesse. Tant pis,
si je ne dors pas pendant 1, 2 ou 3 nuits. Tant pis, si je m’époumone à crier
ma douleur pendant des heures. Tant pis, si cette tête et ces épaules qui
sortent par là offrent sans aucun doute un spectacle plutôt perturbant. Et tant
pis, si par la force des poussées je finis par chier sur la table!
Au moins, je le
ferai avec élégance et coquetterie. Avec le chic de ma birthing gown!
Pas
convaincues? Je vous traduis ici quelques-uns des témoignages recueillis sur le
site :
« Le concept est génial. Merci de donner la
chance aux femmes en travail de pouvoir continuer à être belle, peu importe ce
que notre corps traverse. »
« La robe me va à merveille. Je serai
certainement une future maman très à la mode à l’hôpital lors de mon
accouchement! »
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Et tant qu'à être sur le sujet… On ne connaît pas encore son nom, à ce prince, mais on sait
au moins une chose, ce sera un nom royal, princier, hors classe. Un nom fait
d’un assemblage de lettres somptueux, digne d’un monarque. Une bonne partie de
la presse mondiale reste à l’affût. C’est que cette décision en influencera
bien d’autres. C’est que des milliers de bébés, nés dans les derniers jours ou
dans ceux à venir sont encore sans nom puisqu’ils porteront celui du bébé
princier. Leurs mamans attendent donc patiemment la grande annonce, question
d’ajouter une teinte royale aux couleurs de la destinée de leurs nouveau-nés.

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