
Un volume impressionnant d’équipement jonchait le plancher du salon. Le nécessaire pour 2 nuits de camping en petite famille. Le strict nécessaire. Rien d’autre que l’essentiel. Ce fut pourtant un travail rigoureux de tout faire entrer dans la voiture. Parmi ces centaines de kilos de bagages, un nouveau petit sac à dos et une lampe frontale qui peut éclairer loin ou clignoter, qui peut même éclairer vert ou éclairer rouge. Laurier n’en revenait tout simplement pas : il pouvait emmener avec lui son sac, sa lampe ET son vélo avec son casque. Il semblait à l’orée d’un degré de bonheur encore jamais ressenti! Dans la voiture, il exprimait sa joie à travers l’invention de chansons sur des sujets qui lui plaisaient :
« On va MANGER… des granOLAAAAS… dans la glaciÈEEERE! Pis aussiiii, des pains ROOOONDS… pis quelque chose aussiiii!... »
Je ne saurais dire le nombre de fois qu’il a répété, à tue-tête, ce refrain peu mélodieux mais ô combien enthousiaste. Il nous a diverti ainsi jusque l’autre côté des frontières et s’est enfin endormi, juste un peu avant d’arriver.
En camping, Laurier a appris à faire pipi comme un grand. Il a ainsi arrosé les racines de plus d’un buisson. Il a descendu une grosse « côte » de vélo qui lui a valu une belle chute et quelques égratignures. Le soir venu, il a toléré les moustiques sans chigner. Il a fait une expédition d’environ 1 kilomètre qui a duré près d’une heure, l’abondance et la diversité des bâtons qui recouvraient le sentier nous ralentissant. Il a goûté aux guimauves et à un bonheur prolongé et ininterrompu.
Pour Bidou, le camping, c’était le paroxysme du bonheur… si on oublie bien sûr les heures (minutes) des repas, durant lesquelles il nous laissait entendre qu’on le traînait en enfer en lui interdisant de manger debout sur la table. En le couchant, le premier soir, je lui ai dit qu’on passerait encore 2 jours dans la forêt. Il a relevé la tête et a répondu d’un petit cri aigu, plein de sourires :

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