C’ETAIT LA COURSE FOLLE. On partait en vacances le surlendemain. On serait 3
familles dans la même maison. 2 dans la même voiture. Entre autres préparatifs,
on devait préparer la nourriture pour tous les repas du trajet, trouver un
motel pour la nuit de passage, faire les bagages, arroser le jardin, parler à
la locataire et terminer une certaine dose de travail. Le concert d’un groupe
rock lamentable sur la côte magnétique compliquait le passage aux environs d’où
l’on souhaitait passer la nuit. Google nous indiquait qu’une quinzaine d’heures
seraient nécessaires avant d’atteindre le port, où une traversée de 5 heures
nous mènerait enfin à destination. Je savais, pour y être déjà allée, que
l’endroit nous gâterait de moments de bonheur et de détente inégalables, mais
je redoutais légèrement le parcours.
« Vous conduisez aussi loin avec des
bébés ? Ils vont pleurer. Ce sera désagréable. C’est dangereux ! Une
voiture pour 2 familles, vous n’aurez jamais assez d’espace. Je n’oserais
jamais ! » disaient les autres.
Qu’elles soient le résultat du discours des autres ou simplement
entretenues par ceux-ci, ces réflexions alimentaient ma crainte du
trajet. Selon la majorité, un déroulement agréable
tenait du miracle.
Mais le miracle souffla sur nous comme une
brise fraîche un jour de canicule. Un pique-nique dans un jardin botanique, un
autre près d’une maison historique, une bonne dose de jeu dans les flaques
d’eau laissées par l’orage au motel, un déjeuner douteux dans une taverne
acadienne, une sieste sur le pont d’un navire et bien des heures de route plus
tard, nous voilà bien arrivés aux Îles-de-la-Madeleine.
Non seulement nos chérubins ont-ils fait
preuve d’une patience surprenante en voiture, le miracle madelinot continue
d’opérer ! Le vent des îles a creusé l’appétit de Laurier, il a retardé le
réveil matinal de la petite Antoinette et ne s’est pas arrêté de souffler pour
les séances de kite à Benoit.
Déjà une journée complète de vacances derrière
nous. L’air des îles est si bon que tous les parents se sont assoupis pendant
la sieste d’après-midi des enfants. Trois petites paires de yeux, de pieds et
de mains qui ont tant à découvrir dans les jours à venir. Un bonheur délicieux
qui souffle fort, qui sent l’air salin et qui goûte le homard pour certains.
| Laurier sur la planète Mars |
| La bande à l'heure de l'apéro |
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