mardi 10 juillet 2012

Sur un air de vacances


C’ETAIT LA COURSE FOLLE. On partait  en vacances le surlendemain. On serait 3 familles dans la même maison. 2 dans la même voiture. Entre autres préparatifs, on devait préparer la nourriture pour tous les repas du trajet, trouver un motel pour la nuit de passage, faire les bagages, arroser le jardin, parler à la locataire et terminer une certaine dose de travail. Le concert d’un groupe rock lamentable sur la côte magnétique compliquait le passage aux environs d’où l’on souhaitait passer la nuit. Google nous indiquait qu’une quinzaine d’heures seraient nécessaires avant d’atteindre le port, où une traversée de 5 heures nous mènerait enfin à destination. Je savais, pour y être déjà allée, que l’endroit nous gâterait de moments de bonheur et de détente inégalables, mais je redoutais légèrement le parcours.

« Vous conduisez aussi loin avec des bébés ? Ils vont pleurer. Ce sera désagréable. C’est dangereux ! Une voiture pour 2 familles, vous n’aurez jamais assez d’espace. Je n’oserais jamais ! » disaient les autres.

Qu’elles soient le résultat du discours des autres ou simplement entretenues par ceux-ci, ces réflexions alimentaient ma crainte du trajet. Selon la majorité, un déroulement agréable tenait du miracle.

Mais le miracle souffla sur nous comme une brise fraîche un jour de canicule. Un pique-nique dans un jardin botanique, un autre près d’une maison historique, une bonne dose de jeu dans les flaques d’eau laissées par l’orage au motel, un déjeuner douteux dans une taverne acadienne, une sieste sur le pont d’un navire et bien des heures de route plus tard, nous voilà bien arrivés aux Îles-de-la-Madeleine.

Non seulement nos chérubins ont-ils fait preuve d’une patience surprenante en voiture, le miracle madelinot continue d’opérer ! Le vent des îles a creusé l’appétit de Laurier, il a retardé le réveil matinal de la petite Antoinette et ne s’est pas arrêté de souffler pour les séances de kite à Benoit.

Déjà une journée complète de vacances derrière nous. L’air des îles est si bon que tous les parents se sont assoupis pendant la sieste d’après-midi des enfants. Trois petites paires de yeux, de pieds et de mains qui ont tant à découvrir dans les jours à venir. Un bonheur délicieux qui souffle fort, qui sent l’air salin et qui goûte le homard pour certains.

Laurier sur la planète Mars

La bande à l'heure de l'apéro

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