mercredi 12 mars 2014

Les grandes plaidoiries

Fils vs Maman

Négocier. Je n'ai jamais vraiment aimé, ni excellé. Mais ces temps-ci, je me pratique beaucoup... avant les repas, avant de se brosser les dents, avant de s'habiller, avant de se déshabiller, avant de partir, avant de revenir et bien sûr, avant de se coucher. Pour gagner ces rondes de négociations, je me dois d'être déterminée, patiente et surtout, plus obstinée que lui.

Desfois, mes arguments s'éloignent un peu de ceux proposés par les experts:

-       Vient t’habiller mon loup. Faut y aller là. (pour la 7e fois)
-       NON! (pour la 7e fois aussi)
-       Allez mon loup! Quand maman demande quelque chose gentiment, on obéit gentiment. 
-       NOOOOOON!
-       Si tu viens t’habiller tout de suite sans chigner, j’te donne une bine au chocolat!

Mais je ne suis pas la seule à parfois me laisser aller aux stratégies douteuses :

-       Vient t’habiller mon loup. Faut y aller là.
-       NON.
-       Allez mon loup! Quand maman demande quelque chose gentiment, on obéit gentiment.
-       NOOOOOON!
-       Bon. Là, je compte jusqu’à 3. Si à 3, t’es pas venu me rejoindre pour t’habiller, tu vas aller réfléchir.
-       1… 2… 3.
-      
-       Bon. Réfléchis 2 minutes à comment tout ça pourrait mieux se passer. (Je le prends pour l’emmener dans sa chambre réfléchir)
-       Maman… je t’aime gros comme L’UNIVERS! Pour toute la vie!
-       C’est quoi ça? De la manipulation?
-       Oui.
-       Ouin… J’espère que tu vas bien t’en servir de ton intelligence.

Je laisse faire la punition. Il s’habille enfin. Je suis à la fois amusée par sa ruse et exaspérée par son attitude. Je sais que la prochaine confrontation ne tardera pas.

-       Allez minou. Ouvre ta bouche. On se brosse les dents.
-       Non. (Il ferme la bouche, s’en va, revient brièvement la bouche toujours fermée, s’assoit par terre, s’en va à nouveau,…)
-       Ok. On arrête le niaisage là. Allez!

Ça dure depuis 5 à 10 minutes. La scène se répète. Il s’approche, monte sur le tabouret, ouvre la bouche et se tient droit. Il me donne le faux espoir d’une exécution parfaite. Au moment où la brosse à dents s’approche de sa bouche, il la referme. Il me regarde avec un sourire pincé et tourne la tête d’un côté, puis de l’autre, de façon à éviter l’instrument.

Ma tension monte. Je suis comme un Presto. Je bouillonne en-dedans, mais je laisse la vapeur s’évacuer lentement. Je respire. Je réfléchis à la prochaine étape. Je sais que j’ai déjà tout essayé ce que les livres, les sites, les experts et les autres mamans proposent : l’application de stratégies de diversion, mener par l’exemple, le renversement humoristique de la situation, différentes formes de récompenses, le discours éducatif et explicatif, les menaces et leur exécution réelle, la punition et le temps de réflexion.

Depuis quelques temps, beaucoup de nos échanges se traduisent en négociations infructueuses ou plaidoyers de marchandage et se terminent par l’argument ultime d'un temps de réflexion. Beaucoup trop de minutes se perdent quotidiennement dans ces argumentations oiseuses et j’y perds, avec chacune d’elles, une fraction de ma patience. Il ne m’en reste alors que très peu pour celle qui couronne chacune de nos journées :

-       Il est bientôt l’heure d’aller se coucher ti-chat.
-       NOOOON! Je sis pas fatigué. Je veux pas me coucher.
-       Faut dormir mon loup. Pour être en forme pour demain. Ça fait du bien de se reposer un peu tsé.
-       NON! Moi je sis JAMAIS fatigué. Je dors jamais!
-       Tout le monde a besoin de dormir un peu. Même les meilleurs chevaliers du monde font dodo la nuit. Les pirates aussi. Même les super-héros!
-       Ben. Les chevaliers, pis les pirates, pis les super-héros y font dodo, mais pas moi! Moi je dors debout. Les yeux ouverts. J’ai pas besoin d’aller dans mon lit.
-      

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire