Plus je laisse le temps passer
sans nourrir mon blogue, plus il m’est difficile de recommencer à l’alimenter.
Je deviens nerveuse et d’autant plus soucieuse de la qualité de ce que je concocterai.
J’étais occupée. Avec le quotidien, avec les hauts et les bas de Laurier, avec
enfin un autre contrat, mais qui fut considérablement critiqué. Avec cette
éternelle remise en question de mes compétences qui a suivi et qui décharge
inévitablement mes batteries.
Puis ce matin, un grand tapis
blanc décorait la ruelle. J’ai installé Laurier dans le traîneau pour se rendre
à la garderie. Les flocons tombaient gros comme des billes et légers comme des
plumes. Bien installé sur sa peau de mouton, il ouvrait grand sa petite bouche
capricieuse, pleine d’appétit pour ces bonbons fondants tombés du ciel. Un
grand vent de nostalgie a soufflé sur moi. J’étais pressée, mais je n’avançais
plus. Je le regardais. L’image était si belle, parfaite à mes yeux de maman
fragile. J’étais, soudainement, pleinement consciente de la valeur du temps, de
la valeur du moment.
Bidou voulait marcher dans la
neige. S’est alors ajouté à la tranquillité, le bruit de nos empreintes. La
neige fondait à la douceur du temps et mouillait nos mitaines et nos joues. On
sculptait des balles de neige et on jouait à la cachette. Je faisais semblant
de ne pas le voir derrière ces branches dénudées, à peine plus robustes que ses
petits doigts. Il se retournait vers moi, criant sa joie de se retrouver juste
ici, à côté de moi.
Ce sont ces moments-là qui
effacent les cris, les crises, les refus et la nourriture sur les murs. Alors
voilà pourquoi j’ai voulu l’écrire. Comme je voudrais écrire toutes ces petites
anecdotes qui rechargent chaque fois mes batteries.
Voici d’ailleurs une autre petite histoire que Laurier nous a raconté en voiture, dimanche dernier, alors qu’on rentrait à la maison…
- Je veux pas aller à la
maison.
- Ah non mon loup? Où tu veux
aller?
- Je veux aller à LO-É-O.
- C’est à Mon-éal.
- À Montréal. Okay. Comment on
fait pour aller là?
- En marchant là.
- Ah oui? Avec qui t’es allé
là?
- Avec juste papa. Pas avec
maman.
- Est-ce que c’est le
restaurant, comme l’autre jour avec papa?
- Non. C’est un magasin.
- Un magasin! Ah oui? Un petit
ou un grand?
Ni moi, ni Thierry n’avons
répliqué. L’histoire finissait bien comme ça et on arrivait devant la maison.
Laurier était content d’être arrivé.
| Avec papa, quelque part à Montréal |
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