On prend parfois conscience de la fragilité des vies qui nous entourent. Comme ça, sans raison, on marche un peu dans la lune et soudain nos pensées dérivent : « Et si je le perdais ? Et si elle s’en allait ? » Il y a des semaines où l’on dérive plus que d’autres.
Dans mon dernier texte, je partageais avec vous la transformation de ma réalité. Il en existe tant, des réalités. Ces dernières semaines, j’en ai écouté des banales, des complexes, des belles, des exotiques, des désolantes. J’en ai visionné une des plus ridicules. Et on m’en a raconté certaines injustement tristes et douloureuses.
Le mal de vivre qui porte un homme à s’enlever la vie. Un homme qui était l’ami de plusieurs et aussi, l’enfant de ses parents. La réalité d’une mère, d’un père, qui se vide un peu de sa raison d’être. Comment accepter que c’est bien réel ?
Le cancer qui s’empare d’un enfant. Des parents accrochés à leur réalité par un fil tout aussi incassable que fragile. Rêver d’une autre réalité.
| Petit lutin au coeur de ma réalité |
Il y a de ces réalités dont la tristesse et la vérité nous étouffent.
D’autres réalités frôlent l’horreur par leur absurdité, leur caractère fautif et superficiel. À la télévision hier soir, une styliste hollywoodienne partageait son quotidien. Enceinte, elle s’entoure d’une équipe de jeunes aspirants dans le domaine pour l’aider à traverser cette épreuve. Le stress de sa réalité ? La décoration de la chambre, la garde-robe du bébé et les vêtements à apporter pour le séjour à l’hôpital. À quelques heures de son accouchement, la mère est désemparée car sa coiffure ne tient pas le coup.
Ma réalité se situe quelque part entre les deux. Heureusement libre de la lourdeur d’une tragédie. Heureusement aussi, plus solide et plus vraie que la réalité trompeuse et futile valorisée par cette maman d'hollywood.
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