samedi 15 janvier 2011

Laurier est né



Laurier


C’est l’histoire du plus beau et du plus dur voyage : de longues heures de travail et des souffrances inimaginables. Une aventure où l’enfer côtoie de si près le paradis que je ne garde qu’un souvenir flou de mon passage de l’un vers l’autre. Pour la première fois dans sa vie, on prend conscience de la signification réelle du mot intense.
Bien sûr, chaque personne le vit à sa façon. J’ai pour ma part hurlé à en réveiller tous les loups de toutes les forêts. J’ai très certainement effrayé les futures mamans qui attendaient patiemment dans le couloir de l’hôpital pour leur rendez-vous de suivi. Les obstacles du parcours ont laissé leur marque, mais à notre plus grand bonheur, c’est la plus belle des douceurs qui nous attendait au bout du chemin.

Un coq et son poussin
Des minutes d'exception!
Laurier est né. Vers midi, le 5 janvier 2011, on a déposé sur mon ventre une petite boule de vie. Presque 9 livres, 55 centimètres et le regard serein. Après cette ventouse qui l’a tiré par la tête hors de son monde, un léger gémissement et déjà il s’adaptait. Il avait pris son temps, mais il était prêt. Dès ses premières secondes de vie, Laurier promenait calmement son regard curieux tout autour de lui. Sa mère tremblait d’un mélange d’épuisement, de soulagement et de douleur qui persistait alors qu’on pansait les blessures. Son père pleurait d’amour, de bonheur et de fierté.

Laurier est né. Il est avec nous depuis 10 jours et sans cesse on se noie dans tout l’amour qu’on a pour lui. Il nous hypnotise, nous émerveille, nous éblouit, nous fascine avec chacun de ses sons, ses mouvements et ses expressions. Même aux limites de l’épuisement complet, au bout de plusieurs nuits sans l’ombre du sommeil, son odeur, sa douceur et sa vulnérabilité nous replongent dans cette immense mer d’amour dans laquelle on baigne. On est une famille.



Les jours passent déjà trop vite, et malgré les quelques pointes de détresse envoyées par la douleur et l’incapacité de récupérer du plus gros effort de sa vie, on file un bonheur d’une simplicité sincère.


Mettre au monde un enfant est à la fois le plus violent, le plus vrai et le plus beau événement qu’on puisse se donner de vivre.

1 commentaire:

  1. Caro c'est beau, c'est senti, c'est touchant. Je me disais ces jours-ci que ça devait être difficile d'être aussi épuisée de par la fatigue accumulée et de rester à la maison sans trop sortir. Mais en même temps, tout ça a une raison d'être. Juste le fait de le regarder avec toute sa fragilité, sa délicatesse, je suis certaine que ça vaut l'épuisement. J'ai déjà hâte de vous revoir.
    xx

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