mardi 7 août 2012

Sale tempête!


Je jouais tranquillement dehors avec bidou lorsque les premiers déchets tombèrent du ciel. Quelques brindilles de papier et des poussières. Je pensai d'abord qu'il devait venter plus fort qu'on en avait l'impression, à l'abri dans la cour. Une dizaine de minutes s'écoulèrent, puis, alors que Laurier s'apprêtait à frapper un autre coup de maître avec son bâton de golf, une lourde chemise en denim s'effondra sur le gazon. Elle fut suivi de près par un calendrier chinois désuet. Des ordures de toutes sortes parsemaient désormais la cour: sacs de plastique usés, tapis délabré... même quelques éclats de verre aux formes coupantes et menaçantes. 

J'éloignai mon trésor de ces immondices, lui ordonnant de ne pas bouger. Il dut sentir la rage qui montait en moi car il obtempéra sans dire un mot. La porte de la ruelle s'ouvrit sur un gros "container". Du balcon du 4e étage de l'immeuble voisin, un homme y lançait des déchets à l'aveuglette...

- Excusez-moi, en haut!
- ...
- Excusez-moi, Monsieur en haut!
- Oui?
- Est-ce que ce serait possible de faire attention? Une partie de vos déchets tombent directement sur mon terrain.
- Ah oui, ça doit être à cause du vent.
- Peut-être, mais faudrait changer de méthode car c'est dangereux. je joue dans la cour avec mon enfant.

Un autre homme apparaît alors au côté du premier. Encore plus abruti que bedonnant, il s'empresse de me crier toute son arrogance:

- Aye là. C'est quoi? Vous vous pensez plus intelligente que nous? On n'a pas le choix, c'est plein de punaises icitte pis y faut tout vider, ça me tente pas plus que vous d'faire ça.
- Attendez là... je ne me pense pas plus intelligente que vous, mais c'que vous faites, c'est dangereux. Vous pourriez blesser quelqu'un. Je veux simplement pouvoir jouer avec mon garçon dans ma cour. Et en plus vous me dites qu'il y a des punaises sur ces déchets?
- C'est pas ça qu'j'ai dit. Pis de toute façon, si ça fait pas votre affaire, prenez votre p'tit pis allez donc jouer ailleurs.

...

J'évite de vous partager les idées qui me traversaient l'esprit à ce moment précis, mais elles me coloraient le visage en rouge et me sortaient par les oreilles, emboucanées. Après quelques minutes de cette intolérable argumentation, le premier des deux est finalement venu ramasser les ordures qui décoraient ma cour. Je suis retournée dans la ruelle, en fin de journée, pour constater les dégâts. Au coeur de la scène désolante qui m'accueillit, un miroir fracassé à même le sol, qui avait manqué de près la cible. Les centaines d'éclats de verre faisaient briller la ruelle.

Quoique ce petit épisode à la Maison du Laurier fut des plus fâchant, nous y passons tout de même, la majorité du temps, des moments agréables et mémorables.
Un "swing" de pro! 

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