Comment réagir face à ce système de la santé qui se montre, trop souvent, aussi vide d’empathie, de compassion et de compréhension ? Je suis parfaitement consciente qu’on ne peut classer tous nos médecins dans la catégorie des insensibles ; j’ai d’ailleurs la chance d’avoir un médecin de famille absolument extraordinaire pour ma grossesse. Ce n’est malheureusement pas des médecins de son genre dont je souhaite parler aujourd’hui, mais plutôt de ceux-là qui font vivre à trop de gens, trop souvent, trop de situations décevantes.
Les médecins sont fatigués. On le sait. Certains sont même peut-être blasés de cette exposition routinière aux souffrances des autres. La lourdeur de la charge de travail rend encore plus difficile l’effort à déployer pour faire preuve d’empathie. Certains sont probablement ainsi de nature, mais j’ose croire que la majorité d’entre eux sont devenus insensibles ; de par la pression qu’exerce sur eux un système lui-même malade, de par le détachement qui accompagne inévitablement le mode survie qu’ils sont obligés d’adopter pour pouvoir effectuer ce travail à la chaîne.
Ils sont fatigués. Ils ne sont pas assez pour faire le travail. La pénurie de médecins de famille s’est même aggravée de 45% au cours des deux dernières années. Et qu’est-ce qu’on fait pour que ça change ? On dénonce toutes sortes de choses sur leurs conditions de travail. Pourquoi ne mentionne-t-on jamais les milliers de demandes d’entrée en médecine que reçoivent chaque année nos universités ? Pourquoi ne revoit-on pas les critères d’admission des écoles de médecine pour les assouplir? En fait, de ce côté, un petit progrès a été fait, mais il est si petit qu’il est difficile de le remarquer. Certaines écoles (dont McGill et Laval) donnent maintenant une chance à 3 étudiants par année n’ayant pas de formation scientifique, d’entreprendre leurs études en médecine. 3 étudiants par année. Dans 2 écoles sur 4.
À quand la résolution du problème de la pénurie à ce rythme-là ?!
Les expériences médicales complètement vides d’humanité sont beaucoup trop nombreuses. La médecine, par définition, s’intéresse aux maladies de l’être humain. Sous quel prétexte se permet-on de dissocier l’humanité de la médecine ?
On ne demandait qu’à être informés, mais on nous a froidement rabroués. Ces médecins qui interprètent mes échographies se sentent-ils insultés par notre simple connaissance de la prescription ? Ces médecins insensibles cachent-ils leur vulnérabilité derrière un voile de condescendance ?
Je m’arrête ici, avant de trop m’emporter ou m’éparpiller. La médecine est malade. À qui peut-on faire appel pour la soigner ?
Et sur ce… 2 semaines avant qu’une équipe médicale s’occupe de moi au cours de l’expérience la plus humaine que je vivrai jamais ! Par chance, toutes les qualités humaines ayant délaissé certains de nos médecins semblent s’être retrouvées en Dr. Josée.
Oh oui, la médecine est malade Caro... et les médecins le sont aussi (pour voir Éric aller)! Oui, il faut accepter plus d'étudiants dans les facultés de médecine... mais encore faut-il être capable de les formés en Centre Hospitalier et de leur trouver un poste après leur résidance! Éric (futur orthopédiste) manque parfois d'exposition en salle d'opération car il fait partie d'une année où ils ont grandement augmenté les admissions en médecine. Il faut être prêt à former ces futurs médecins. De plus, les postes en certaines spécialités ce font rares... les hôpitaux ne sont pas prêts et n'ont pas les budjets pour recevoir plus de médecins! Le problème est vraiment complexe, mais une chose est ceraine, il faut en parler. Félicitation Caro!!!
RépondreSupprimerJulie-Anna
regardez ça. C'est renversant!
RépondreSupprimerhttp://www.tou.tv/enquete/S04E08