L’expérience se ressemble d’une fois à l’autre. On apprend à ajuster leurs recommandations à la réalité, mais il y a certaines choses auxquelles on ne peut jamais s’habituer. Cette expérience se termine inévitablement de façon à nous laisser muets d’étonnement, seuls avec notre confusion.
À la prise du rendez-vous, on a bien pris soin de me rappeler le protocole qui demande l’ingestion de 3 grands verres d’eau 90 minutes avant l’échographie. J’arrive à l’heure. Anticipant les 120 minutes d’attente avant mon tour, je viens tout juste d’entamer le seul grand verre d’eau que je compte boire. Attendre deux heures, la vessie prête à éclater, pour ensuite se faire dire, à deux reprises, d’aller à la toilette car on a beaucoup trop bu… on ne fait l’erreur qu’une seule fois !
Je m’allonge sur la table d’examen. La technicienne répand le gel sur mon ventre et m’explique, avec le sourire et en prenant son temps, tout ce qu’on voit. On aperçoit le visage de bébé, on le voit qui suce son pouce. On cherche bien malgré nous à reconnaître le sexe, mais il est vrai qu’on a besoin d’une formation pour lire ces images !
Après une bonne quinzaine de minutes d’interactions courtoises, la technicienne termine en annonçant l’arrivée du Docteur.
C’est à ce moment précis qu’une légère nervosité s’installe. La visite de l’élite médicale se fait toujours très brièvement, dans un silence presque total. Il revient à elle de confirmer ou d’apaiser mes craintes… une césarienne sera-t-elle nécessaire ?
La Docteur en question pour la journée entre donc et se dirige directement vers son écran. Elle ne regarde les parents que si l’on ose insister en l’abordant nous-mêmes avec un bonjour et en la fixant du regard. Son regard à elle demeure impassible :
- « Monsieur. Madame. »
Elle s’installe et prend des mesures… j’imagine que c’est ce qu’elle fait puisque rien ne nous est expliqué. Elle reprend sans cesse les mesures abdominales du bébé. Mon médecin m’a prescrit cet examen pour vérifier l’emplacement du placenta. Je suis nerveuse car l’éventualité d’une césarienne me terrorise. Mon chum se lance alors et ose s’adresser à ce mur d’hostilité que le médecin a dressé:
- « En fait, la raison pour laquelle notre médecin a demandé une autre échographie, c’est pour connaître la position du placenta. »
Sur quoi elle se tourne enfin vers nous… aucune expression n’anime son regard… elle nous fixe d’un air impassible, soulève les sourcils vers le ciel en gardant les lèvres pincées et… quitte la pièce sans exprimer le moindre mot.
On fixe la porte d’un air pantois. Elle ne reviendra pas.
Ouais... tu soulèves un point important dans ton texte... Peut-être qu'on devrait sérieusement commencer à penser aux super-infirmières pour ce genre d'intervention. Le coût de cet échange ( ... ) serait grandement réduit.
RépondreSupprimerDe plus, selon la référence que j'ai par rapport aux infirmières, vous auriez sûrement vécu une expérience plus agréable et humaine que ce moment désagréable que tu décris si bien.