À la recherche d’une position tolérable au cours de la nuit, je lève la jambe pour entamer la première des nombreuses étapes maintenant nécessaires pour me retourner, mais les couvertures du lit imitent parfaitement l’effet d’une masse en béton et les os de mon pubis se déchirent sous leur poids. Je me lève enfin plusieurs heures plus tard, épuisée des inconforts et des moments d’insomnie. Je sors marcher dans l’espoir d’apaiser mon besoin de plus en plus intense pour un minimum d’exercice. Je pointe alors la cheville pour enfiler ma chaussure et la crampe qui s’empare de la plante de mon pied semble résolue à y élire domicile. Dehors, mes muscles amollis se fatiguent rapidement, les arches de mes pieds continuent de cramper, le bas de mon dos ne fait plus le poids contre celui de mon ventre qui tire vers l’avant. Mon souffle est court, car bébé se permet une séance d’étirement au détriment de l’expansion de mes poumons. Mon bassin s’est maintenant complètement cisaillé en deux. La tête du bébé exerce une pression sur ma vessie d’un rythme très régulier et rapproché. Il y a un caillou dans ma botte, mais impossible de me pencher assez pour le déloger. Mon manteau est trop serré. J’ai chaud…
J’arrive à destination quelques minutes plus tard et, bien affalée sur mon divan suite à mon douzième passage à la salle de bain (l’après-midi n’est pas encore terminé), un souvenir précis se dessine devant moi… J’ai déjà signé un texte similaire. La chaleur, la douleur et la lourdeur d’un parcours difficile. C’était il y a quelques années, après une vingtaine de kilomètres de marche sans repos, sans eau, dans la poussière et sous le soleil cuisant du Malawi. Aujourd’hui, mon exploit consistait en une courte visite au marché du coin!
Moi qui souhaitais vivre cette maternité à l’image d’un grand voyage, me voilà exaucée! Épuisée, je revis avec une douce nostalgie ces moments passés où je traçais au sol de différents pays mon empreinte. À la recherche d’un train, d’une destination, j’ai trouvé des passagers. Ou bien est-ce que ce sont eux qui m’ont trouvé? Je prends conscience de toutes leurs empreintes et de la façon dont elles ont marqué mon parcours.
La maternité est peut-être le plus grand voyage que je puisse entreprendre, la recette se base sur les mêmes saveurs essentielles; un goûteux mélange d’inconnu, d’excitation, d’inquiétudes et de découvertes. Et peu importent les difficultés rencontrées, le beau côté des choses s’assure toujours de la plus grande place au cœur de nos souvenirs.
La prochaine escale approche.
10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1,…
Courage, la destination finale n'est plus très loin. Et tout le voyage en aura valu la peine...Et félicitations à vous deux pour le nouveau "nid"
RépondreSupprimerWow! ils sont vraiment beaux tes textes. Continue d'émerveiller notre imagination.
RépondreSupprimertonton nico